DÉFENSIVE ET OFFENSIVE
M. Louis Marin, député, a publié, à la fin de la législature de 1919, son rapport sur le chiffre officiel des pertes de l'armée française pendant la guerre, depuis le 1^' août 1914 jusqu'à l'armistice (11 novembre 1918). Ce document apporte un argument irréfutable en faveur de la thèse défendue par nous dans le présent volume. Nous avons soutenu, en effet, que l'attitude défensive prise par le général Pétain, en 1917, au moment où la France était menacée, par la défection de la Russie, de voir se retourner contre elle les forces totales de l'Allemagne, avait sauvé notre pays. Les chiffres ci-dessous montrent, de façon lumineuse, que sans cesser d'entretenir le moral de l'armée et son ardeur combative, tout en activant l'armement de la troupe, et, par surcroît, en obtenant de sérieux avantages de terrain, le général Pétain a réduit les pertes au minimum. Grâce à cette économie, notre armée a pu être assez nombreuse pour résister à l'offensive allemande du 21 mars au 15 juillet 1918, attendre l'arrivée des renforts américains et refouler victorieusement l'ennemi jusqu'à la victoire complète.
Ce tableau nous montre ce qu'une année de guerre d'usure coûtait à la France.
Prenons l'année 1915. De décembre 1914 à janvier 1916, nous trouvons une perte totale de 1 624 000 hommes (morts, blessés, disparus, prisonniers), soit pour une période de quatorze mois, une moyenne de 116 000 hommes par mois. S'il est vrai que, dans ces quatorze mois, on a exécuté quatre offensives (première bataille de Champagne, deuxième bataille d'Artois, deuxième bataille de Champagne, troisième offensive d'Artois), il faut remarquer également qu'il y a six mois de stabihsation. Or, ces six mois de stabilisation, à eux seuls, ont coûté 525 000 hommes, soit en moyenne 87 000 hommes par mois de stabilisation.
l'offensive du 16 AVRIL
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