SCÈNE III
WILHEM , puis LE COMTE DE LENDORFF et MARIE.
WILHEM, seul.
Non, je ne connais pas de condition plus misérable que celle d’un garçon d’auberge! 11 est le domestique de tout le monde?... Cet hiver, quand je suis entré ici, je n’ai pas eu trop à me plaindre, le service était doux... très-doux... il n’y avait rien à faire ! mais, depuis qu’il est question do la guerre, c’est un va-et-vient continuel ! Ah ! j’en ai assez!.., et si je trouve une autre place... Quand on pense que depuis sept heures du matin, je n’ai pas pu fumer tranquillement une bonne pipe, là, en buvant un bon verre de bière.
LENDORFF > sortant do la chambro de droite suivi de Marie.
Monsieur l’aubergiste, ne me ferez-vous pas la grâce do répondre?
W I LU EM, sans se déranger.
Voilà, monsieur, voilà!...
LENDORFF.
Les chevaux ne sont pas arrivés!
WILHEM
Pas encore^monsieur, je ne crois pas.
LENDORFF.
Vous entendez, ma nièce, monsieur l’hôte ne croit pas... Mais il va avoir la bonté de s’en assurer.
WILHEM, qni bat le briquet pour allumer sa pipe.
C’est que...
LENDORFF.
Votre figure respire la franchise, et c’est l’indice d’un obligeant caractère.
WILHEM
Oh! pour ça... tiens!... mais au fait, voilà une occasion. Eh bien! monsieur, tel que vous me voyez, avec ma figure qui respire... ce que vous dites, je cherche une place, et, si par hasard, vous aviez besoin d’un domestique empressé, fidèle, dévoué 1...
LENDORFF.
Non! pas en ce moment... et je le regrette... Oui, en voyant
l’officier de fortune
avec quelle obligeance vous allez me rendre le petit service que j’attends de vous...
WILHKM, jetant un regard do regret sur sa chope.
Ah! oui... allons!... (En s’en allant.) 11 est si poli... qu’il n’y a pas moyen défaire autrement.
If sort.