‹ L'officier de fortuneChapitre 18 sur 97 · SCÈNE IY · texte numérisé non relu

SCÈNE IY

LENDORFF, MARIE.

LENDORFF.

Encore un relard que je ne prévoyais pas! un peu de patience, ma nièce, un peu de patience... nous arriverons.

MARIE

Mais il me semble, monsieur le comte, que je ne me plains pas.

LENDORFF.

Dans l’intimité, mon enfant, vous pouvez m’appeler... mon oncle; à la cour, et devant le monde, vous direz : monsieur le comte, ou monsieur le grand chambellan.

MARIE

Eh bien! mon oncle, je ne m'impatiente pas.

LENDORFF.

Il est vrai . Et je vous avouerai que votre calme , votre résignation, me donnent à réfléchir ; je trouve, à vous parler franchement, que vous n’appréciez pas assez la haute situation qui vous attend et que mon crédit à la cour me permet de solliciter pour vous.

MARIE

Douteriez-vous de ma reconnaissance?

LENDORFF.

Non... ce n’est pas cela que je veux dire. ..Mais plus nous nous éloignons de Salzbourg, où j’ai été moi-même vous chercher, et plus je vous vois inquiète, rêveuse... presque triste...

MARIE

C’est la première fois que je quitte la ville où j’ai été élevée... la première fois que je me sépare do ma. famille.

LENDORFF.

Oui, oui... sans doute... la famille a du bon...quelquefois«.. mais, êtes-vous sûre que vos regrets ne s’adressent qu’à votre famille?

MARIE

Je ne vous comprends pas.

LENDORFF.

Eh, eh 1 à votre âge... et notez que ce n’est pas un reproche,

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