‹ L'Offrande lyriqueChapitre 13 sur 25 · XL VIII · texte numérisé non relu

XL VIII

La matinale mer du silence frémissait de chants d'oiseaux et les fleurs étaient toutes joyeuses au bord de la route; à travers l'écartement des nuages, les rayons d'or éparpillaient leur opulence. Cependant, affairés, nous poursuivions notre route et nous ne prêtions pas attention.

Nous ne chantions pas de chants d'allégresse et nous ne jouions pas; nous n'allions pas au village pour trafiquer; nous n'échangions pas un mot et pas un sourire : nous ne nous attardions pas en route. Nous hâtions le pas de plus en plus, tandis que le temps nous pressait.

Le soleil atteignit le milieu du ciel

et les ramiers roucoulèrent dans l'ombre. Des feuilles sèches dansaient et tourbillonnaient dans l'air chaud de midi. A l'ombre du banyan, l'enfant berger sommeillait et rêvait; je me couchai moimême au bord de l'eau et étendis dans l'herbe mes membres fatigués.

Mes compagnons rirent de moi : pleins de mépris, ils redressèrent la tête et se hâtèrent : ne se reposant jamais et ne regardant pas en arriére, ils disparurent dans la lointaine brume d'azur. Ils coupaient à travers prés et colHnes et traversèrent d'étranges contrées reculées.

Tout l'honneur soit pour vous! héroïque escadron sur le sentier interminable...

Piqué par la moquerie, je me relevai sous l'insulte mais je ne trouvai rien à répon-

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