‹ L'OgoouéChapitre 3 sur 7 · ANTHROPOLOGIE · texte numérisé non relu

ANTHROPOLOGIE

Les régions de l’Qgooué et du Congo Sont habitées par deux séries de peuples entièrement différents.

Les uns répandus dans tout le pays, plus ou moins disséminés, sans aucune cohésion, souvent réduits à l’état d’esclavage absolu, quelquefois simplement les vassaux des autres, avec lesquels ils échangent les produits' de leur chasse contre les produits de l’agriculture ; ce sont les Okoas, Akoas ou Bouges qui appartiennent probablement à da race primitive autochtone de l’Afrique.

Les autres divisés en tribus nombreuses, et plus ou moins puissantes, mais toujours indépendantes, présentent quelques différences légères, mais qui sont reliés par des caractères généraux nombreux. Ce sont lés vrais maîtres du sol. Ils appartiennent à la catégorie des nègres guinéens. Un certain nombre d’entre eux, par leur union avec lesOkoas, présentent des caractères mixtes.

OKOAS ET BOUGOS.

Ces nègres rentrent dans la classe désignée par MM. de Quatrefages et Hamy, sous le nom de négrilles ou pygmées.

L’existence des Pygmées avait été signalée autrefois par Hérodote et d’autres écrivains anciens ; mais on contestait généralement leur existence. Puis, MM. Miani, Schweinfürth, Marno, signalèrent de nouveau des races remarquables par l’exiguitè de leur taille, dans la région du Haut- Nil. On signala également des peuplades de nains sur la côte du Loango.

L’amiral Fleuriot de Langle rapportait également du cap Lopez le crâne d’un individu appartenant à ces tribus. MM. Gaunal, Duchailla, Walker, rapportaient de la côte d’Afrique des documents cràniologiques qui vérifiaient la légende antique des pygmées.

Le principal caractère de la conformation crânienne des Okoas est la sous-brachycéphalie. Celui de l’amiral Fleuriot de Langle paraissait âgé d’environ quarante ans ; il mesurait de 1 mètre 35 à 1 mètre 40. Voici ce qu’en dit l’amiral : • Il était admirablement pris dans sa petite per-

sonne... Il avait la tête assez belle, les cheveux bien plantés, et moins laineux que ceux des nègres proprement dits, le qez droit, la commissure des lèvres bien prononcée, sans rien offrir de ce masque bestial que présentent certains types africains. Les dents étaient bien conservées ; la peau ferme et élastique indiquait une bonne santé... Il était très craintif... * La tête est globuleuse, la face à peine un peu prognathe.

Un autre crâne masculin rapporté du même endroit par l’amiral de Laogle offre le même aspect : voici comment il est décrit par M. le docteur Hamy :

• Le front, dont le premier tiers s'élève tout droit audessus de la face, se courbe ensuite assez rapidement en arrière et en haut pour s'articuler par une suture fine et simple avec les pariétaux. 11 est court (121 mill.), tend à se déprimer verticalement et offre cet aspect lisse et rond que l’on rencontre habituellement chez les nègres en général. Les arcs sourciliers sont presque nuis, et les bosses frontales se dessinent en saillies bien marquées. D’abord relativement étroit, il s’étale latéralement en même temps qu’il change de courbure, et atteint au niveau de la suture coronale une largeur maxima de 118 millimètres.

Les pariétaux presque complètement soudés l’un à l’autre, sont néanmoins très courts, comme le frontal, et se dilatent, puis se courbent à peu près de la même façon que cet os, au niveau de leurs bosses, ce qui contribue à donner à l’ensemble de la tête une physionomie juvénile, dont l’articulation sphéno-basilaire bien fermée, et les dents de sagesse presque entièrement sorties de leurs alvéoles, permettent de constater le caractère exclusivement ethnique.

L’angle lambdatique est quelque peu enfoncé ; mais l'occipital relalivement largo et court comme les autres os de la voûte, continue presque sans ressaut les contours pariétaux. Les lignes courbesy sont faibles, la protubérance externe manque entièrement ; les détails de la base sont cependant assez vigoureusement dessinés. *

J’ai pu rapporter du pays des Adoumas deux crânes de Bougos qui répondent à cette description. Ces crânes ont été déposés dans les collections du Muséum. Leur capacité Crânienne est de 1430 centimètres cubes. Circonférence horizontale, 499 mm. Diamètre antéro-postérieur, 169 mm. Diamètre transverse, 139 mm. Diamètre basilobregmalique, 130 mm. Les indices sont, par conséquent: 82,24 ; 76,92 et 93,52. La hauteur de la face est de 81 millimètres, la largeur 126 mm. Le nez a 26 millimètres de large, 45 de haut. L’angle de Camper mesure 75 degrés* l’angle alvéolaire, 64.

Les sutures de ces deux crânes sont extrêmement simples, et les aiguilles osseuses ne sont pas enchevêtrées, particulièrement à l’union du frontal avec les deux pariétaux, et à la partie antérieure de la suture des deux pariétaux.

Sur l’un de ces crânes, les deux trous des pariétaux sont très développés, le droit surtout qui a 5 millimètres de diamètre.

Ces Akoas ou Bougos, dispersés sur tous les bords de l’OgooUé, se retrouvent également sur la Licona. Ils vivent à l’état d’isolement, sans former, de groupe compacte. Leur lalngue est essentiellement différente de toutes les autres langues africaines. Us ne cultivent pas, vivent complètement dans les bois du produit de leur chasse. Us sont fort

habiles et tuent les éléphants avec des. lances. Malheureusement ils sont extrêmement sauvages, défiants et craintifs; et il est presque impossible de les rencontrer.

Page 1