‹ L'OgoouéChapitre 4 sur 7 · BACES NÈGRES PROPREMENT DITES · texte numérisé non relu

BACES NÈGRES PROPREMENT DITES

A part quelques rares mélanges qui ont eu lieu, entre les Okoas et certaines tribus des bords de l’Ogooué, tous les habitants de cette région ont le type franchement nigritique, c’est-à-dire dolichocéphale.

Les principales tribus sont ; les Bakalaio, les Fans ou Pahomns, les Inengas, les Ûkandas, les Adoumas, les Obausbas, et au-delà de l’Ogooué, lesBaleke.

Les Inengas et les Okandas sont grands taillés, bien proportionnés ; chez eux, le système musculaire est peu développé. Ce sont les vrais maîtres du fleuve sur lequel ils vivent constamment. Leur nourriture animale se compose presque exclusivement de poisson. Ils se sont peu mélangés avec leurs voisins, aussi ont-ils gardé leur race relativement pure. Leur dolichocéphalie est représentée par l’iudice 69,49, la hauteur l’emporte sur la largeur, la face se dilate.

Les Bakalais et les Fans sont au contraire des peuples chasseurs ; ils habitent dans l’intérieur des terres, sont chasseurs et cultivateurs. Ils se sont progressivement avancés de l’intérieur vers le bas Ogoouer et le Gabon, les Bakalais devant, les Fans derrière, chassant les autres peuples devant eux. Les Bakalais se sont un peu mélangés à leurs voisins de toute race, et l’indice céphalique s’est

élevé chez eux jusqu’à 77. Les Pahouins, au contraire, sont restés purs, leur indice descend à 72,43. Néanmoins, quand on examine ensemble les crânes appartenant à ces deux tribus, on est frappé de la ressemblance qui existe entre eux, ressemblance qui avait élé contestée. La largeur de la face est la même, la projection de la face en totalité, et particulièrement celle de la mâchoire inférieure se ressemblent également, 11 est probable que ces deux peuples ont la même origine. L’étude que j’ai faite de la langue de ces deux peuples prouve que ces deux langues sont identiques; la plupart des mots Bakalais peuvent être transformés en mots Fans par une méthode identique.

Les Adoumas, qui sont situés plus haut dans le fleuve sont de taille moyenne, généralement mal pris dans leur taille, sans caractères bien saillants, car il y'a un mélange perpétuel de cette tribu avec sès voisines, et avec les esclaves de tout pays qu’elle achète. Les Adoumas sont paresseux et lâches. Ils ne chassent pas, pêchent peu, n’ont pas d’animaux domestiques. Ils ont une nourriture presque exclusivement végétale, et très sujets à toutes 'Jes maladies. C’est un peuple abâtardi.

J’ai pu rapporter du Haut-Ogooué deux crânes d’Adoumas, l’un d’homme et l’autre de femme, qui donnent pour diamètre eh pour indices : l’homme 0”,179; 0“,130; 0“,142. — 73,44,80,22, et 109,23. La femme : 0”,175 ; 0M38 ; 0”,140. - 78,85 ; 80 ; et 101,44. Le crâne du premier beaucoup plus élevé du bregma que celui de la seconde, est plus étroit, sauf en bas et en avant, où ses dimensions l’emportent très légèrement. La face un peu pius développée dans son tiers supérieur, se rétrécit aussi aux arcs

zygomatiques, en s’allongeant un peu verticalement. La capacité chez la femme est beaucoup plus élevée que chez l’homme, ce dernier ne cubant qne 1310, tandis que l’autre en dépasse 1550 (crania ethnica).

LesObambas, voisins desAdoumas, leur sont infiniment. supérieurs. L est un peuple chasseur et guerrier. Les hommes sont beaux et robustes, et par leur conformation ressemblent aux populations du Congo.

Les Bateke sont petits, mais vigoureux et intelligents. Us sont essentiellement cullivateurs. Il n’est pas rare de voir dans une plaine, 40 ou 50 Bateke travaillant la terre en loDgs sillons, pour faire des plantations de mil ou de manioc, avec des instruments que nous n’avions pas vus jusque-là. C’était la première fois aussi que nous voyions le fils habiter le village de ses ancêtres, à l’ombrede palmiers de grandeurs différentes, dont la taille permet de compter le nombre des générations qui se sont succédé. Les produits du sol sont récoltés et conservés pour le reste de l’année.

La nourriture animale est extrêmement rare dans ce pays privé de gibier et d'animaux domestiques, aussi les Bateke recherchent-ils avec frénésie tout ce qui est vivant. Ils font dans la terre des pièges pour prendre les térusites, chassent les sauterelles, mangent les vers palmistes, les chenilles et certains papillons, qu'ils fument même pour les conserver.

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