LA IDEOGRAPHIE DE L OISE
aux moutonnantes étendues forestières. Le Servois a son importance à cause des routes qui le traversent et conduisent toutes à I^aris. Aussi les châteaux forts y furent-ils nombreux : Montmélian, Mortefontaine, Thiers, Pontarmé, villages forestiers qu'il faut parcourir en touriste en lisant les œuvres délicieuses de Gérard de Nerval et qui évoquent les grands souvenirs historiques des Coudé et des Bonaparte. La forêt de Chantilly, dans laquelle les Allemands osèrent à peine s'aventurer, y forme une défense naturelle, de même que celles de Pontarmé et d'Ermenonville au sud de Senlis et celle d'Halatte au sud de l'Oise.
La roule nationale n» 17, plus haut citée, traverse toute cette partie forestière du Servois arrosée par la Nonelte et la Thève, laissant à gauche la Goële nommée plus haut située entre la Biberonne et la Beuvronne, et dont la capitale est Dammartin. Quiconque veut explorer la Goële n'a qu'à prendre la voie ferrée de Paris à Soissons par Grépy-en-Valois. Au pied des collines boisées « le voyageur » — comme écrivait nos pères — traversera les riches plaines convoitées par l'ennemi depuis des siècles, qui sont le grenier de Paris et la terre classique de l'agriculture où Jehan de Brie dit le bon Berger garda jadis ses blancs moutons.
lin Goéle nous sommes au seuil du Valois dont le premier village est Lagny-le-riec et dont les lieux notables qui rappellent la guerre sont INanteuil-lcilaudouin, Crépy, Baron, etc.
Le Valois est d'abord une vaste plaine coupée de vallées profondes et bordée, vers le nord, d'une ligne boisée. Des buttes sablonneuses, des grès comme ceux d'Ermenonville sont les accidents très
saillants du pays arrosé par la Nonette à la vallée étroite et creuse. Le plateau du Valois est tout découpé par ces vallées dérosion qui caractérisent la contrée; la plus profonde, a servi de « fossé » à l'ancienne capitale du Valois. Crépy-en-Valois, cœur de communications très importantes dont les Allemands auraient voulu se rendre maîtres en 1918.
La ligne de Crépy-Soissons à la vallée de la Grivette, quitte les bois et entre à nouveau en pays agricole. Le terrain se (Teuse de plis riches encore de quelques groupes d'arbres. Le jonction de plusieurs de ces plis a formé Tassiette du bourg de Betz que dominent les débris dun château fort. De là sétoilent plusieurs chemins vers Crépy, Nanteuil, Mareuil-sur-Ourcq, Villers-Cotterets et vers le Multien et iMeau.x, soit vers les terres de Brie aux enivrantes senteurs de froment à laquelle se rattache la contrée par son industrie agricole.
Riche de souvenirs historiques l'ancien pays du Valois qui comprend presque tout le sud-ouest du département est borné au nord par l'Aisne, à l'ouest par l'Oise, et au sud par la Thève. Les profondes coupures de la délicieuse vallée d'Aulhomne, véritable petite Suisse entre Villers-Cotterets et Verberie, y forment une défense naturelle sur laquelle nous avons beaucoup compté dans la région pendant la guerre. Lnire Seiilis et Crépy la plaine, au contraire, s'étend monotone et plate, vrai champ de bataille où combattit Jeanne d'Arc et où les Allemands se livrèrent à quelques actions. C'était pour eux, avec la vallée de l'Oise, à laquelle elle se rattache, le vrai cITemin d'une invasion sur Paris si leur attaque brusquée n'avait échoué dans l'inoubliable tournant de lOurcq et de la Marne.