‹ L'Oise dévastéeChapitre 6 sur 19 · LES OPÉRATIONS MILITAIRES DANS L OISE · texte numérisé non relu

LES OPÉRATIONS MILITAIRES DANS L OISE

« De la Somme aux Vosges » ! Aucun vrai Français n'oubliera jamais le sentiment de stupeur désolée avec lequel le 29 août 1914, on lut le communiqué qui nous apprit la présence de l'ennemi aux abords de Saint-Quentin, la cité célèbre déjà par de rudes sièges. Les habitants du nord-est de l'Oise avaient vu la veille arriver les Anglais du maréchal French atteignant la ligne Noyon-Chauny après s'être dégagés de l'étreinte allemande audessus de Saint-Quentin avec laide des ô» et 6« armées françaises. En même temps l'aile droite allemande marchait de Cambrai vers le sud-ouest par deux roules, Bapaume-Amiens et Péronne-Roye, à si grande allure que le 31 aoilt, elle atteignait déjà la région de Compiègne tandis que nos armées vainquaient inutilement à Guise.

La marche du général von Kluck, d'abord dirigée d'Amiens à Paris par Beauvais et Pontoise, fut tout iycoup modifiée. Peut-être était-ce déjà en vertu d'un principe de stratégie classique préconisé dès iST'J parle prince de Moltke(|ui tendaità viser, avant même la capitale, l'armée française tenant la campagne?

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Il clescendil le long des deux rives de l'Oise en plusieurs colonnes. L'une d'exlrême-droite se dirigeait, d'une allure désordonnée sur Creil, lançant quelques patrouilles à droite dans la direction de Beauvais. Le 30 août la poussée de l'ennemi contraignit le général Maunoury à évacuer Saint- Just-en-Chaussée où les Allemands pénétrèrent le {"septembre et où ils pillèrent pendant trois jours. Le l"'' septembre ils fusillèrent à Argenlieu M. Legent sous les yeux de sa femme et de sa fille âgée de dix-huit ans.

Sur la roule de Dunkerque à Paris par Amiens l'exode des |)opulations du Nord s'accéléra dès le 28 août par Saint-Just et Clermont. Le récit des atrocités allemandes, commises en Belgique, semait une terreur si grande que le 30 août les routes de rOise offraient un spectacle à la Callot, celui d'un lamentable cortège de misères. Déjà les « réfugiés » lirenaient cet aspect spécial qui si souvent nous serra le cœur. Il y avait dans ces caravanes quelque chose de hâve, de terreux, il y avait au fond des yeux une angoisse spéciale qu'aucun peintre ne saura jamais rendre, qu'aucun écrivain ne saura jamais décrire avec un assez terrible relief.

Ce jour un « taube »..., mot avec lequel on n'était pas encore familier et qui devint bientôt caduc..., survola Clermont que nos troupes durent abandonner le lendemain avec deux corps de l'armée Maunoury. Les Allemands venant de Filz James y arrivèrent le lendemain en faisant marcher devant eux comme un bouclier vivant M. Gardcbois ancien brigadier de gendarmerie. Les troupes ennemies défilèrent sans arrêt jusqu'au 4 septembre. La ferme attitude du maire M. Saindenis évita les

excès de la troupe d'occupation qui jusquau 10 septembre se borna à un pillage soigné.

Une autre colonne allemande nous envahit parla route départementale de Montdidier à Pont-Sainte- Maxence qui rejoint au sud d'Estrées-Saint-Denis, au bois de Lihus, la grande route nationale de Flandre et se rua sur Paris malgré notre résistance à Tricot. A Crévecœur-le-Petit, qui fut saccagé et incendié, un jeune homme de dix-sept ans, Lucien Picard, et un garçon de ferme nommé Chalelin, furent massacrés malgré la courageuse attitude du maire M. Andefroy. AFerrières cinq maisons furent incendiées et doux vieillards furent brûlés vifs dans leur habitation. A Ravenel, M. Thomas, surveillant de tramway, fut attaché au cheval d'un uhlan et ainsi traîné jusqu'à Neuville-Roy. Le 2 septembre les Allemands arrivèrent à marche forcée à Pont- Sainte-Maxence par Grand-Fresnoy d'où les Anglais n'eurent que le temps de déguerpir.

Mais la grosse masse des ennemis, la terrible ruée qui rappelle celle d'Attila, arriva sur nous par la vallée de l'Oise : une lutte s'engagea le 29 août à Guiscard et à l'entour entre Allemands et Anglais. French arrivé à Noyon le 26 août dut céder le terrain aux ennemis (comme on le lira plus loin) et ceux-ci y défilèrent jusqu'au 2 septembre. Le 31 août ils occupaient déjà Machemont, Monmacq, le Plessis-Brion et. à 3 kilomètres de Gompiègne, Choisy-au-Bac où ils passèrent l'Aisne. Le même jour ils arrivaient à Gompiègne où le 28 août avaient conféré le général Joffre et le maréchal French. Toujours accroché aux Anglais, le général von Kluck prit le 3 septembre la route de Grépy-en- Valois; et des troupes toujours plus nombreuses

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continuèrent à passer sur la rive droite de l'Oise allant par Venette, Jaux et le Meux, franchir la rivière à la Croix-Saint-Ouen ou à Verberie entre la forêt de Compiègne et la forêt d'Halatte.

Déjà à Verberie, le 1" septembre, avait eu lieu entre l'avant-garde allemande et nos troupes françaises un sérieux combat. Son enjeu était le forcement du passage de l'Oise à Port-Salut et de la falaise qui domine la rivière et commande la route directe de Paris par Senlis (et l'accès du plateau où commencent les plaines du Valois auxquelles font suite celles du Multien et de la Brie). Le même jour les Anglais et les alpins devaient évacuer Chevrièreset rejoignaient les combattants de Verberie '. L'action fut chaude à la cote 123 et à la cote 112... La place nous fait défaut pour entrer dans le détail de ces premiers combats dont les échos nous arrivaient à Senlis par les malheureux évacués. « Ils ne passeront pas l'Oise! » disaient les optimistes. « Ils passeront l'Oise », répliquaient les pessimistes au grondement sourd du canon qui s'approchait en ces heures tout à la fois cruelles et puissantes. Ils passèrent... Malgré une courageuse résistance, les Anglais ne purent éviter un mouvement tournant des ennemis par la vallée de l'Authomne... Ils passèrent criant leur joie « de gagner Paris, d'y trouver de jolies femmes et du Champagne ». L'enveloppement par le village de Néry ne permit point aux troupes françaises de conserver Verberie qui fut saccagé et pillé. Après avoir franchi l'Oise les ennemis se divisèrent en trois groupes qui se

1. Sut riniporlant combat de Verberie, cf. Une ambulance française à Verberie, par le D' Mebacq qui y prodigua ses soins pendant, l'occupation.

dirigèrent, le premier sur Greii et Chantilly, le second vers Senlis et le troisième vers le Valois, Nanteuil et Crépy.

Le premier groupe, qui avait eu avec noire arrièregarde une escarmouche à Rhuis, arriva le 2 septembre à Creil où plusieurs civils furent massacres et où cinquanle maisons de la rue Gambetta furent brûlées. La jonclion des groupes ennemis venus par Verberie el par Verneuil se fit à Creil le 3 septembre. Ils occupèrent la région jusqu'à Chantilly, Gouvieux, Luzarches et Lamorlaye et n'en furent chassés que le 9 septembre.

Le deu.xième groupe, parti de Verberie dans la direction de Senlis, poussant notre arrière-garde ((]uo nous vîmes lamentable et épuisée dans la matinée du 2 septembre) déboucha sur le territoire de Chamanl h o kilomètres de Senlis après avoir pillé les villages de la forêt d'Halatte et de la plaine du Valois et combattit le 2 septembre à Senlis, Vil- Icmctrie, Mont-l'Evêque, Montépilloy, Borest.elc. Là « le flot mourut sur la grève ». Nos forêts, la présence du gros de l'armée Maunoury adossé entre Louvres et Survilliérs contre le camp retranché de Paris leur parurent un inquiétant barrage: et les troupes, qui se grossissaient toujours par les trouées de l'Oise, obliquèrent à gauche vers le Valois, rejoignant sans doute un troisième groupe sorti de Verberie que nous avons vu poursuivre les Anglais à Néry. Quelques troupes allemandes se hasardèrent dans la forêt à Chaalis, à Ermenonville, Mortefontaine, etc. Mais la majeure partie des ennemis, après avoir contraint nos troupes à évacuer Fontaine et Borest, poursuivirent les Anglais à Baron, se dirigèrent sur Nanteuil et défilèrent pendant

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soixante heures au pas cadencé, en chantant...

Enfin, un autre groupe allemand, parti de Compiègne le 31 août, après avoir ravagé les villages au nord de Grcpy-en-Valois occupa cette ville le 2 septembre, y retrouvant une masse colossale d'ennemis qui arrivaient de Laon et de Soissons. Il marcha vers Betz tandis quune importante colonne sous les ordres du général von Paurich pénétrait de divers côtés dans Nanteuil-le-Haudouin... Déjà le 3 septembre la marche de l'aile droite allemande était nettement et définitivement orientée vers l'Est. La bataille de l'Ourcq allait commencer, et bientôt les villages du Valois qui avaient vu les Allemands, en assassins et en pillards, les allaient revoir en vaincus...

Mais ceux qui, comme nous, habitants de Senlis, étions prives de nouvelles, nous ne comprenions ni le mouvement tournant ni cette canonnade incessante qui, le 4 septembre, marqua la bataille de rOurcq. Au reste, nous n'analysions guère, concevant bien que loule déduction ne serait qu'un jeu de l'esprit en face du grand inconnu; mais nous avions la singulière impression, en voyant partout ces hommes couleur de poussière dont la marche incessante semblait ne devoir jamais prendre fin, de quelque mystérieux sortilège. On concevait mal cette sorte de « multiplication humaine ». On se demandait par quel prodige ils semblaient incarner le Nombre et la Force... 11 y avait dans cette vision — surtout dans les nuits lactées par la lumière lunaire — quelque chose de fantastique. Cette invasion semblait celle d'êtres étranges, de fourmis monstrueuses, de termites sortis l'on ne sait d'où, d'échappés d'un conte de Wells... et quiconque. A

A, DS MAHICOt'HT, ^

l'arrière, n'a pas vu l'armée allemande dans les premiers développements de ses forces ne concevra jamais assez la reconnaissance et l'admiration dues aux hommes qui ont su terrasser ia bête, lui mettre le pied sur la gorge et lui faire crier merci.

Ce grand miracle commen(,-a donc le 3 septembre.

Kluck, qui s'était inspiré, dit-on, d'un excellent principe doctrinal en allant à ia bataille, toutes ses forces réunies, se portait vers leMultien, tandis que nos armées s'attendaient à une grande attaque dans les plaines propices qui s'étendent au sud du déparlement de l'Oise et au nord de Paris. Le mouvement ennemi fût compris, une oftensive fut décidée et dès le samedi o septembre, au malin. Maunoury déployait son armée face au nord-est ayant pour direction d'ensemble Château-Thierry. Notre département allait cesser d'être un vaste champ d'actions mais sur ses limites — au village de Mon- Ihyon — une compagnie française rencontrait des patrouilles allemandes et le commandant de celte compagnie était tué... La veille il avait cantonné dans un vieux couvent et accumulé des fleurs au pied de l'autel de la Vierge. En tombant il mettait un point final à son œuvre achevée dans le sacrifice... C'était Charles Péguy qui sur les confins de l'Oise dévastée mourait pour nous à l'aube de la victoire de la Marne...

Je n'ai point la prétenlion de conter la bataille û(^ la Marne ! Bornons-nous à brièvement rappeler quelques-unes des oi)érations qui étirent noire drpartement pour champ d'action, sans même nous étendre sur le beau chapitre de la bataille de

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rOurcq qui exigerait des volumes et nous entraînerait sur un terrain purement stratégique.

Le 8 septembre les Allemands résistent rudement dans le Mullien et même le Valois, notamment à Betz, à Thury, etc., mais le lendemain c'est le fameux coup de main de Galliéni; et Maunoury reprend l'offensive avec une division de renfort. Harcelée, menacée d'enveloppement, laile droite allemande lente, dans un soubresaut, de s'emparer de Nanteuil-le-Haudouin et contraint notre gauctie à un repli sur Silly-le-Long. Le reste du front tient ferme et gagne Betz où les ennemis abandonnent dans le parc du Château une boulangerie en plein air.

A '2(i heures la retraite de toute l'armée de Kluck commence, à peine masquée par une dernière convulsion vers Nanleuil... Mais nos soldats connaissent maintenant le fameux ordre du jour de Joffre qui demeurera un des plus purs joyaux de notre histoire : « Toute troupe qui ne peut plus avancer devra, coûte que coûte, garder le terrain conquis et se faire tuer sur place plutôt que de reculer. »

La troupe ne recule pas, elle avance. A marches forcées elle poursuit lennemi au nord de Xanteuil, de Crépy, dans la forêt d'Ermenonville, d'Halatte, de Gompiégne,etc., tandis que les Anglais le chassent dans la direction de Ncuilly-Sainl-Front. Pour ces deux armées la bataille est terminée; la victoire est acquise au soir du 10 septembre-, La poursuite continue jusqu'à la ligne de Soissons-Ribécourt... Quelques jours plus tôt on signalait des patrouilles allemandes jusqu'à Ecouen — aux portes de Paris. Mais « la lance que l'ennemi a enfoncée dans la poitrine de la France s'est arrêtée à la

limite du cœur ». Dorénavant notre pays va vivre un long martyre mais il vivra.

C'est une déroute, une fuite éperdue. Partout les Teutons passent tète baissée, d'un pas lourd, ankylosé, accablés jiar la fuite de leur mirage : Paris'.

A Orrouy, le 10 septembre, en bordure de la forêt de Compiî'gne a lieu un assez violent combat. La 50 division de cavalerie, accomplissant une mission de sacrifice après avoir reçu l'ordre de traverser « les lignes ennemies et d'aller faire entendre son canon vers la Ferté-Milon, » infligea de sérieuses jierles à l'ennemi puis, décimée mais glorieuse, traversa l'Oise i)Our reprendre contact avec l'armée française. Maire d'Orrouy, le comte Doria tint bravement léte aux ennemis exigeants tandis que sa belle-rdle soignait les blessés. Un cultivateur, M. Belin, atteint d'une balle, dut être amputé du bras... Plus haut les Allemands s'accrochèrent à Carlepont dont le château fut pris et repris sept fois dès les premiers temps de la campagne. Nous retrouverons plus tard ce château devenu véritable forteresse. Le 16 septembre les ennemis exposèrent pendant douze heures au feu de deux compagnies françaises une centaine de civils que le maire de Carlepont, M. de Marcé, vit dans cette position... A cette époque Noyon fut sur le point d'être délivré par nos troupes, mais le formidable reflux causé par notre redressement sur la Marne vint mourir aux abords de la ville.

Le 15 septembre nous occupâmes dans l'Oise, Tracy-le-Mont, Tracy-le-Val et Vizinieux, puis une

1. Pour plus amples di'Uils sur le» ciunLals do la vallée do l'Aullionme, cf. l'excellcDl volume du lieutenant Doria : Croqui» ds (/uerrg gt d'invniion,

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conversion à droite nous dirigea vers Bellefontainc et la côte 153 que la grosse ariillerie allemande et le feu des mitrailleuses ne nous permirent point d'atteindre. Nous dûmes abandonner Carlepont le 17 septembre. C'était la clef du Noyonnais! Le 11), nous attaquions la ferme de Puisieux près Moulinssous-Touvent. Ces actions sanglantes, avant la stabilisation, durèrent des semaines et jamais on ne saura assez avec quel acharnement sublime nous luttâmes à Cuts, à Varennes, au bois de Larbroye et aux flancs de la Montagne pour reprendre la capitale du Noyonnais... Hèlas! peu à peu c'était la « cristallisation » qui devait durer plusieurs années. « L'ennemi colle », disait-on dans toute rOise... Mais on savait qu'il « décollerait» un jour.

Dès la fin de septembre 1914 notre ligne de front, qui subit peu de modifications pendant les années suivantes, part d'un point situé à l'est de Bapaume et forme une courbe qui passe à l'ouest de Chaulnes, à Roye, au sud de Lassigny, à Ribécourt, le long de la lisière nord de la forci de Laigue, au-dessus de Tracy-le-Mont et se dirige avec quelques sinuosités vers le nord de Soissons. Nous som mes à Ribécourt mais l'ennemi est à Lassigny et à Chaulnes. Les lignes de chaque parti semblent ainsi se pénétrer. Au cours de ce volume nous suivrons cette voie sacrée sur laquelle nous donnerons de plus amples détails.

N'oublions pas non plus, pour n'en plus parler, l'ouest du département et le « glissement vers la Mer ». Dès le 11 septembre .loffre a songé que l'ennemi reviendrait en forces sur la 6» armée laissée dans la région de l'Oise après la bataille de la Marne et tenterait sa manœuvre favorite de mou-

vement débordant. Casteinau venait renforcer Maimoury qui débarquait le 20 dans la région de Ctermont, Beauvais et Poix. L'ennemi refou'é occupait alors entre l'Oise et Lassigny un massif accidenté qui favorisait ses opérations. Son offensive violente contre Casteinau n'empêcha pas celui-ci de poursuivre son mouvement par la gauche, ni l'armée Maud'huy de se constituer à la suite, le tout dans \me bataille qui pourrait être appelée bataille de l'Oise-Somme. C'est alors que de forts prélèvements faits sur les armées de l'Aisne à l'Argonne permirent aux Allemands de s'élever vers îe ^Nord dans la course à la mer. Notre front s'étira sans relâche précédant toujours, grâce à notre cavalerie, le mouvement de l'ennemi. Ses tentatives furent vaines de percer nos lignes dans ces prolongements successifs du front. Une attaque importante dirigée le 6 octobre contre nos positions de Lassigny ne réussit pas. Suivant l'expression dés lors consacrée nos fantassins devenaient une « muraille vivante »... Longtemps les communiqués demeurèrent à peu près muets sur les opérations de l'Oise. De temps à autre nos avions bombardaient la gare de iNoyon, ville sur laquelle les habitants de nos régions ne savaient absolument rien. En février litlo des avantages obtenus par nous à Bailly prouvèrent l'importance de cette situation et les Allemands bombardèrent durement les deux Tracy qui servaient de points d'appui à notre avance. En avril les Allemands tentèrent de déboucher par Lassigny, puis par le bois Saint-Mard près Tracy-le-Val. Des reprises d'activité, heureuses pour nous, permirent en juin de légères avances du côté de Quennevières, Nampcel et, en août, près de Pui-

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