ACTE TROISIÈME
chagrin... de ne vous causer, en tout cas, qu'une petite peine passagère qui s'effacera vite sous votre jeunesse...
YVONNE, étonnée.
Je vous écoute, mon ami, qu'est-ce quïl
SALVIERE
Voici, ma chère Yvonne... Un hasard a appris à ma femme nos relations.
YVONNE, très doucement.
Madame Salvière sait que... je suis votre maîtresse?
SALVIÈRE
Oui.
YVONNE, sans un geste et gravement.
Ça devait arriver : c'était inévitable. Je l'avais prévu.
SALVIÈRE
Nous l'avions tous prévu. Alors, voyez-
i;OISEAU BLESSÉ
vous, il faut... il faut nous séparer, c'est
nécessaire. (Regardant Yvonne restée immobile.) Oui,
ça vous est parfaitement égal, c'est bien ce que je pensais.:. Oh! je vous le dis sans amertume, Yvonne, ce n'est pas un reproche. Il y a eu entre nous l'éternel malentendu. Je vous demandais ce que je cherchais et non pas ce que vous pouviez me donner... et vous, vous auriez préféré un amant plus jeune et plus léger que moi... Mais, en moi, ce que vous aurez désormais, Yvonne, si ce n'est plus un amant, ce sera un grand ami... et, comme ami, je crois que je serai très bien et que vous ne trouverez jamais mieux, vous verrez.
YVONNE, la gorge serrée.
Eh bien, alors... adieu... Raymond...
adieu... je... je m'en vais.
salvière
Adieu, Yvonne. (Il lui tend la main qu'elle lui prend machinalement.) Vous pleurez?...