ACTE TROISIÈME
YVONNE
Non... non... je ne sais pas...
SALVIÈRE, lui gardant la main.
Si, si, vous pleurez... Et cest très gentil ce que vous faites là... Voilà ma petite vanité
satisfaite... La voyant chanceler, il la retient.)
Qu est-ce que vous avez?
YVONNE
Rien... rien... laissez-moi... laissez-moi partir,..
(Elle tombe en sanglotant sur une cbaise.)
SALVIÈRE, allant la relever et la prenant dans ses bras.
Voyons... Yvonne... voyons... il ne faut pas sangloter... Mais qu'est-ce qui vous arrive!... Je ne comprends pas... je ne comprends pas... Regardez-moi... Ce n'est pas grave... ce serait grave si vous m'aimiez... mais puisque vous ne m'aimez pas!.,. Répondez-moi... répondez-moi donc... Vous n'allez pas me dire que vous m'aimez?... Ce n'est
pas possible... (Elle est dans ses bras, toute palpitante.
il la retient.) Mais si tu m'aimais, petite malheureuse, pourquoi étais-tu coquette, sournoise et sauvage? Pourquoi ne me répondais-tu pas quand je te disais que je t'aimais? Pourquoi me regardais-tu avec des yeux indifférents et puérils au lieu de me montrer les yeux que tu as en ce moment et à qui les larmes vont si bien?... Dis? pourquoi? pourquoi?
YVONNE
Oui... c'est de ma faute, ce qui arrive... c'est de ma faute... Mais je venais d'être si meurtrie et je m'étais tellement raidie contre mon malheur, que je n ai pas osé me livrer et me montrer à vous comme j'étais... J'avais peur que vous en abusiez... D'abord, moi, je ne sais pas dire que j'aime... mais il me semble que vous auriez dû le deviner... Car enfin, je me suis donnée à vous... Et vous ne vous ôles jamais demandé pourquoi? Vous savez pourtant bien que ce n'est pas par intérêt. Alors, c'est sans raison, n'est-ce pas? en songeant à autre chose?... Ça ne m'éton-