‹ L'oiseau de proie: drame en cinq actes et six tableauxChapitre 108 sur 118 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ROSE, NiCAISE

ROSE

Vous m' appelés, Nicaise?

NICAISE

Oui! que fait mère Madeleine?

ROSE

Elle s'est assoupie. Que me voulez-vous ?

NICAISE

Je veux vous parler de choses graves, Rose ; vouleKvous m'entendre?

ROSE

Tout le monde me parle de choses graves, maintenant.

NIGAISE

Et, d'abord, donnez-moi votre main comme jadis, et regardez-moi sans larmes dans les yeux. Je ne veux ni vous causer un chagrin, ni augmenter les vôtres. — Me croyez- vous votre véritable ami?

ROSE

Oui I Nicaise. Oui !

NICAISE

Eh bien, je vais bien gauchement, peut-être, vous dire une chose que j'ai sur le cœur — Il ne faudra pas

être trop sévère sur la forme, mais vous attacher seu lement à saisir l'intention...

ROSE

Que voulez-vous dire?

NICA1SE

Excusez-moi de vous rappeler de pénibles souvenirs. Vous m'avez dit, Rose, l'autre soir, que je vous avais arraché votre secret, et vous m'avez recommandé de ne le point révéler. Suis-je encore seul à le savoir à cette heure ?

ROSE

Oui ! car, dans l'accablement où je suis, je n'ai eu ni la force, ni le courage d'ajouter cette nouvelle douleur à celles que j'ai déjà causées.

NIC AISE

Voulez-vous que ce secret meure entre nous?

Hélas! c'est impossible, et il faudra bien que ma honte soit complète.

NICAISE

Père Jean dit souvent que rien n'est irréparable en ce bas monde. — J'ai trouvé un moyen de tout réparer

ROSE

C'est impossible !

MCAISE

Rose, écoutez-moi : — il est un homme qui vous aime depuis longtemps sans vous l'avoir jamais dit, sans

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