ACTE PREMIER i
cela n'empêche que moi je ne m'y plairais jamais, sur votre balcon.
Paul.
Comment, vous n'aimez pas cet endroit, Madame Wilders ! Et pourquoi pas?
Mme Wilders {montrant au loin vers le nord). Parce que je n'aime pas de regarder par là.
Paul.
Vous...?
Cela me rappelle trop notre malheur.
Paul.
Votre malheur, vous avez eu un malheur?
Mme Wilders.
Oh! un affreux malheur! J'ai perdu mon mari et presque tout notre petit avoir en une nuit. Il V a bien vint^t ans de cela.
Paul.
Ah ! je me souviens ! Rosette me l'a raconté
ï6 L'OISEAU MÉGANIQ.UE
un jour ! Votre mari était un batelier, n'est-ce pas? II...
Mme WiLDERS.
Il est parti un jour pour ne plus revenir. Sa péniche a dû couler soudain pendant la nuit. On a vu ses feux s'éteindre et c'est tout. C'est là-bas, et on ne l'a jamais retrouvé.
Paul.
Je comprends pourquoi vous n'aimez pas de regarder le fleuve.
Mme WiLDERS.
Le temps adoucit toutes les peines. Mais que construisez-vous donc avec tant de soins?
Paul.
Oh! quelque chose de très utile; je travaillais même un peu pour vous.
Pour moi, comment est-ce possible?
Paul.
Attendez! Vous vous plaignez quelquefois de