‹ L'oiseau mécanique; piece en quatre actesChapitre 3 sur 89 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

ce que l'on vous dérange trop en demandant après nous inutilement et à chaque instant.

Mme WiLDERS.

Oui : Monsieur Paul est-il là? — Madame n'est-elle pas encore rentrée? Et ainsi de suite. Lorsque vous êtes absents, j'ai beau les avertir, ils montent quand même.

Paue {riant).

Vous ne leur inspirez aucune confiance.

Mme WiLDERS.

Ce qu'il y a de plus joli, c'est qu'ils redescendent toujours d'un air furieux et qu'ils s'en vont la plupart du temps sans me saluer, comme si j'étais la cause de leur déconvenue.

Paul.

Dame! grimper cent cinquante marches pour rien! Puis, ils sont peut-être gênés après, d'avoir voulu faire à leur guise.

Mme Wll.DERS.

C'est possible, car moi je ris bien un peu quand ils repassent... Mais, ce mât?

Voilà. J'ai imaginé de faire deux drapeaux, un rouge et un blanc, que je hisserai lorsqu'il le faudra.

Mme WiLDERS.

Lorsque?

Paul.

Déjà la chose est convenue entre moi et mes amis. Le drapeau rouge arbore signifiera que nous sommes chez nous, le blanc que nous sommes absents, ou tout simplement que nous ne désirons pas recevoir.

Mrae WiLDERS.

C'est très ingénieux, comment pouvez-vous inventer ces choses-là ?

Paul.

Oh! oh! ce n'est pas fort! C'est le père Nandou qui m'y fit songer le premier, en disant qu'il fallait au balcon quelque chose qui indiquât la direction du vent.

Mme WiLDERS.

Encore une forte tête, celui-là! Vous verrez

Page 1