ACTE PREMIER
Paul.
Il ne voulait pas en entendre parler autrefois. Pourquoi a-t-il consenti aujourd'hui !
Francis.
Eh ! à cause de toi, comprends-tu ! Il ne veut pas avoir une seconde désillusion avec moi et il a raison !
Paul.
Et mère, que dit maman, elle doit m'en vouloir?
Francis.
Elle a versé quelques larmes, mais elle se consolera. Paul! Paul! songe un peu! Mon rêve qui s'accomplit ! Je pars, je pars avec Y Icare, j'aurai un uniforme de cadet!
Paul.
Alors, cela te tente vraiment si fort que ça, Francis? Je suis triste que père ait consenti à cause de moi. N'es-tu pas un peu jeune? Tu es si bien à la maison, un coq en pâte, dorloté, soigne.
6o L'OISEAU iMÉCANlQUE
Francis.
C'est justement ce qui m'ennuie le plus.
Oui, on méprise ce que l'on a. Mais es-tu certain de toi, Francis? As-tu vraiment le goût, la vocation? Pourquoi faut-il que ce soit à cause de moi ?
Francis.
Tu regrettes d'être pour quelque chose dans mon bonheur?
Paul.
Je ne sais pas ! Pourquoi faut-il toujours qu'il y ait tant d'obstacles à nos désirs. Francis, voici qu'une grande tristesse m'envahit! Une tristesse soudaine et venant je ne sais d'où! Ne t'en vas pas! Ces tristesses sans raison sont souvent de funestes présages.
Francis.
Vous êtes tous les mêmes ! Vous êtes tous dominés par des craintes qui me sont inconnues, par une sorte de lâcheté devant l'action ! Si j'ai la vocation! Mais la vie calme, la vie immobile me répugne. Je préférerais mourir