ACTE PREMIER (i-j
ViNCK.
Tu croves de faim chez toi, chez ton père?
Jack.
Une façon de parler, je ne gagne pas un liard. voilà !
ViNCK.
A force de parler inexactement tu finiras par ne plus pouvoir dire la vérité. Ce sera là une étrange folie.
{En ce moment, la porte s ouvre brusquement et Von voit apparaître le père Nandou. C'est un grand vieillard très maigre, avec de longues jambes en échasses soutenant un torse trop court. Sa tête, curieusement petits, est coiffée d'une casquette lîoire qui lui cache le front et les yeux, on ne voit dépasser qu'un long ne:{ en bec d'oiseau et un mentoji très pointu. Il est vêtu d'une blouse bleue, presque en lambeaux à force d'être rapiécée, et porte une vieille sacoche et un rouleau de fil de fer. Il s'arrête un mometit sur le seuil, puis, sans saluer peisonne, il se dirige lentement et tout droit vers le balcon, en marmottant des paroles incompréhensibles. Pendant toute la scène sui-
vante, on le voit observer le ciel et faire des gestes singuliers.)
Eh bien! d'où sort-il, celui-là?
C'est un nouveau voisin, j'ai fait sa connaissance il y a quelques jours : il étudie le vent.
Rosette.
C'est un savant.
Paul.
Un inventeur, peut-être un génie méconnu. Il m'a demandé l'autorisation de venir de temps en temps sur mon balcon pour se rendre compte de l'état de l'air.
ViNCK.
■Est-ce un météorologue? Il ressemble à un marchand d'épingles de nourrice et d'almanachs.
Paul.
Non, il paraît très sérieux, ce doit être un