ACTE PREMIER
Pierre et Vinck.
Nous t'accompagnons.
Paul (les reconduisant après les salutations). Ne restez pas trop longtemps sans revenir!
Jack {s' installant plus à l'aise. — Le soir tombe doucement).
C'est un insupportable individu, ce vieux raté de Vinck.
Paul.
Mais non, tu le juges mal ! Ce n'est pas un méchant homme. Puis il a eu du malheur. Dire que c'est un ancien prix de Rome !
Jack.
Oui, mais en ce temps-là! Il ne sait même pas ce que c'est qu'un dessin.
ROSETTE
Je n'aime pas son genre non plus.
Jack.
Et Pierre, il fréquente beaucoup la bonne
société à présent. Je ne comprends pas qu'un poète délicat comme lui, puisse supporter ce contact.
Il paraît qu'il brille dans les salons.
Paul.
Il ne peut l'éviter, il a tant de connaissances!
Rosette.
Paul aussi pourrait briller dans les salons ! N'est-ce pas Paul, si tu voulais?
Paul.
Et toi, Jack, est-ce sérieux ce que tu disais là ; comptes-tu partir vraiment à Paris?
Jack.
Je le voudrais bien. Seulement il me faudrait un peu d'argent et je ne sais comment en réunir. Mon père — je vous l'ai déjà raconté — est un type féroce sous ce rapport. Q^uand il m'arrive d'en gagner un peu, il m'oblige à le lui remettre aussitôt. Ou bien, pas de logement, pas de vêtements, pas de nourriture, dit-il !