ACTE DEUXIEME io
de l'océan que dans les abîmes du ciel. Il n'y a que la médiocrité qui rêve sans cesse de tout soumettre à sa pénible et immobile vision. Nous vivons en une époque stupidel Les hommes so7it bêtes. Q.uels lieux communs prétentieux et insensés ! Répétés sans cesse par une multitude de pédants enflés de syntaxe et vides d'imagination, par la cohue instinctive des barbouilleurs d'images puériles, qui croient prouver ainsi qu'ils sont doués de talents magnifiques, rares et méconnus !
Nandou.
Je dis que c'est le vent ! Moi, je dis que c'est le vent qui arrête tout le monde. C'est ennuyeux à la fin de rester toujours par terre !
Tu as des théories excessives ! Malgré tes illusions sur notre siècle et ta bonne volonté, tu es resté en panne comme tout le monde.
VINCK.
Voilà justement ce qui est l'inquiétant. On se sent rempli de bonnes pensées, de pensées fortes, l'habilité ne manque pas et quand même on n'iurive à rien.
io6 l'oiseau mécanique
Nandou.
Ce sont les ailes qui ne valent pas grand chose. Oh! les ailes! Il me faudra chercher encore. La machine est bonne.
Jack.
Q,ue dit-il ?
Rosette.
Il parle de l'oiseau mécanique.
Paul {mojitrant Pierre du doigt).
Le voilà, je l'ai rencontré en revenant. C'est du propre.
Pierre.
Je n'en peux rien. Je n'ai même plus eu l'occasion de lui serrer la main. Je ne m'en consolerai jamais!
Paul.
Tu as été averti à temps.
Pierre.
Trop tard, je ne savais rien; j'avais déjà accepté l'invitation des Van Dael qui escortent