‹ L'oiseau mécanique; piece en quatre actesChapitre 5 sur 89 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Mme WiLDERS.

Riez, riez. Ça n'empêche que c'est merveilleux. Et même ce système de drapeaux aussi ! Mais je me sauve, je crois qu'on vient de sonner. {Elle se dirige vers la porte.) Monsieur Paul, avec votre permission, au revoir et merci.

Paul {seul).

C'est une bonne vieille.

(// continue à arranger son mât en fredonnant. Il y attache les cordes et les drapeaux. De temps en temps, il s'arrête pour regarder au loin, la main au-dessus des yeux en abatjour. Apres quelques instants, on frappe à la porte d'entrée ; comme il ne V entend pas tout de suite, on frappe plus fort .)

Paul.

Bon, on frappe. On ne me laissera pas finir. Entrez !

{Il s'avance vers la porte qui s'ouvre et s'arrête saisi en voyant son père. C'est un homme d'une cinquantaine d'années, d'un aspect vigoureux et sympathique.)

Paul.

Mon Dieu! Père, vous?

Brander.

Oui, c'est moi, Paul. (// paraît un peu essoufflé d'avoir grimpé les quatre étages.) C'est toute une aiïaire que d'arriver chez vous, garçon.

Paul.

Cent cinquante marches ! Prenez une chaise. Non, pas celle-là, elle ne tiendrait pas. En voici une bonne.

Brander {s' asseyant).

Ah! (Il s'évente.) Et par cette chaleur.

Paul {qui a mis un veston en essayant de réparer autant que possible le désordre de sa toilette).

Oui, il fait très chaud, mais sur le balcon...

Brander {regardant autour de lui).

Alors, c'est ici que vous habitez? Quelle jolie cage pour un astrologue ou un photographe. Faites-vous un de ces métiers-là, à présent?

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