‹ L'oiseau mécanique; piece en quatre actesChapitre 78 sur 89 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

ViNCK.

Ils ne s'arrêtent point. L'un revient rongé parla mer, l'autre repart. Ainsi jusque l'onde les engloutisse.

Jack.

D'où vient celui-ci?

Il porte un pavillon blanc où éclate un soleil rouge.

VlXCK.

C'est un navire japonais. Vous rappelezvous leurs premiers cuirassés? Nous les vîmes ici il y a quelques années. On ne savait encore rien d'eux. C'étaient de jolis navires peints en gris, avec des petits matelots agiles et toujours souriants.

Rosette.

Il y avait des canons aussi. Des canons reluisants et si propres qu'ils ressemblaient à des jouets, des jouets nickelés.

172 l'oiseau mécaniq.ue

Jack.

Ce qui n'empêche qu'ils ont salement marché depuis.

(Rosette, Jack, Vinck passent au balcoji etî continuant la conversation.)

Pierre (à Paul).

Comment va-t-on chez toi ?

Paul.

Mal, mon cher, très mal. Ma mère fait pitié à voir depuis le jour que la nouvelle de la catastrophe nous est parvenue. Quant à mon père, il paraît calme, mais je sens bien qu'il est touché aussi.

Pierre.

Touché?

Oui, c'est le mot. Touché par ce qui d'un homme vigoureux fait un vieillard en une nuit. Ce qu'il y a d'épouvantable, c'est que je sens que je suis pour quelque chose dans la mort de mon malheureux frère. Sans moi...

Pierre.

Non! non! Il ne faut pas que tu te dises cela.

Page 1