ACTE (QUATRIEME
Que je te parle en vieux camarade? Eh bien! tu es très injuste et même brutal avec elle depuis tout un temps.
Paul.
Il me semble que j'ai bien le droit d'être avec elle comme je veux? Qu'elle n'aura jamais assez de soumission, de dévouement pour moi, pour moi qui ai tout sacritié pour elle. Tout! tout!
Jack.
Ah! ah! Voilà la raison secrète. Tu regrettes d'être sorti de l'ornière. De ne pas avoir suivi le même chemin que Pierre! Alors, tu crois que c'est là le bonheur ?
Paul.
11 y a toujours plus de joies dans une existence pareille que dans la mienne. Que suis-je à présent?
Jack.
Qu'importent les misères d'à présent! Il faut savoir attendre. Nous avons l'avenir pour nous!
Paul.
Hein! Tu parles de l'avenir et avec confiance
L'OISEAU MECANIQ.UE
encore? au moment où tout nous abandonne! Au moment où tout s'écroule autour de nous, au moment que nous nous apercevons que nous piétinons sur place et que d'autres nous devancent à grands pas ?
Jack.
Ou vois-tu que nous piétinons? Qui nous devance? Pierre, parce que les imbéciles à écus le tolèrent chez eux au bout de la table? Tout nous abandonne! Mais tant mieux! Tant mieux ! Ainsi nous resterons seuls et ce n'est que seul qu'on lutte bien. Ce n'est que seul qu'on arrive. Tu sais bien que l'avenir esc là : aux hommes seuls ! Tout nous abandonne ! Mais c'est un bonheur! Un vrai bonheur! Cet isolement dans lequel nous nous trouvons soudain prouve que l'heure est enfin venue. Cette heure que nous attendons depuis si longtemps. (// bourre sa pipe Jébrilement, l'allume et se couche sur le dh>an. Se mettant très à l'aise et s'enveloppa7tt d'wi épais yiuage de fumée.) Oui, oui, voici venir le vrai moment de se mettre à l'œuvre. Demain, demain nous travaillerons! demain...
Paul {entraîné).
Oui! oui! Tuas raison. 11 faut lutter encore.