‹ L'olivier en AlgérieChapitre 8 sur 12 · LB · texte numérisé non relu

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L’Aspidiotus Nerii envahit parfois l’Olivier et recouvre Îles feuilles et les fruits qui sont déformés et sans valeur. C’est dans

Psylle de l'olivier

les olivettes en terre sèche que ce parasite se développe avec beaucoup d'intensité ; 1l n’est limité que par d’autres insectes qui

Chilocorus bipustulatus

le dévorent : la Coccinelle noire avec tache rouge (Chilochorus) en fait une grande consommation, ses larves . velues sont parfois très nombreuses sur les arbres atteints. Des Hymenoptères parasites

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en détruisent aussi un grand nombre. Quand on fait des plantations d’Oliviers il est bon de s’assurer que les sujets plantés ne sont pas atteint de ce mal.

L'Olivier est assez rarement atteint par Île Pourridié; ce mal apparait quand les racines rencontrent trop d'humidité dans le sol,

La Tuberculose de Y'Olivier ou Rogne est une affection grave

Rameau atteint de Tubcreu'osc

déterminée par un bacille (Bacillus Olieæ) qui provoque des tumeurs parfois très nombreuses et très volumineuses qui peuvent épuiser l'arbre et le faire périr. En Kabylie ce mal est connu sous le nom de Tiffirr, il est surtout très fréquent dans la région de Fort-National, Tizi-Ouzou, chez les Beni-Aïssi, les Beni-Raten et les

ed Beni-Zemenzer où il semble faire du progrès depuis une quiazaine d'années. l’est en sol siticeux, dans les bas-fonds humides, que le Tiffiri arrive à faire périr de vieux Oliviers.

Dans les plantations atteintes depuis quelques années la présence des tumeurs ne parait en rien diminuer la fécondité de l'arbre ; mais à la longue, quand les conditions sont favorables au développement du parasite, les branches ep enfvahies se dessèchent et l’arbre tout entier périt.

La tuberculose de l’Olivier doit se transmettre très facilement par le greffage et le bouturage, il est donc de la plus grande importance de ne prendre des boutures et des greffons. que sur les arbres absolument sains.

Aucun traitement n’a jusqu’à ce jour été opposé à la rogne. On remarque cependant que les régions saines, où l'Olivier n’est pas gaulé et où il est taillé présentent très peu ou pas du tout d'arbres malades du Tifri.

Le Cycloconium oleaginum qui a été observé dans le midi de la France et en Italie existe aussi en Algérie, il est assez fréquent sur les Oliviers irrigués dans le département d'Oran. Ce Champignon noir vit dans l’épaisseur de la cuticule, il forme des cercles sur les feuilles et finit par les altérer suffisamment pour en déterminer la chute ; les arbres fortement atteints dans les fonds humides souffrent sérieusement, mais en général ce parasite n’occasionne pas de dégâts sérieux. On peut le combattre avec les Préparations cupriques.

Cueillette. — La cueillette des olives commence dès octobre pour les olives vertes de conserve qui sont vendues en assez grande quantité sur les marchés. Ces olives sont destinées à la consommation familiale et arrivent rarement dans les conditions nécessaires pour une bonne préparation pour le commerce. Si l’industrie des conserves d'olive devait un jour s'établir en Algérie, une usine devrait être organisée sur les lieux de production. Pour

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le moment les plantations d’Adjeraz de la région d’Akbou Seddouk pourraient alimenter une usine. Ces olives doivent être cueillies très vertes elles donnent dans ces conditions un excellent produit. On trouvera quelques difficultés pour acheter aux indigènes ces olives cueillies avant maturité, il faudra probablement Pappât d’un prix élevé pour les décider à oublier un préjugé bien établi. Les olives pour l’huile sont cueillies de deux manières différentes

Cueillette des olives en Kabylie

par le gaulage ou à la main. Le gaulage n'est facile que si les olives sont bien mûres, il a le grand inconvénient de briser beaucoup de brindilles qui devraient porter les olives l’année suivante. Ce procédé est généralement reconnu comme défectueux. Dans les tribus plus laborieuses qui ont plus de soin des Oliviers, la récolte est faite à la main, les Kabyles appellent cette opération du terme caractéristique « traire les olives ».

Ce sont.les femmes et les enfants qui se chargent de faire la

récolte. Les olives sont portées dans des paniers en roseau et en brindilles d’olivier. Depuis quelques années une grande partie de la récolte est portée aux moulins européens établis à portée, les

olives sont alors vendues à la mesure ou au poids ; la mesure est

le double-décalitre qui, rempli normalement, doit peser 46 kilogrammes. Parfois l'acheteur exige une chechia qui s'élève aussi haut que possible au-dessus de la mesure,

Femmes Kabyles portant des olives au moulin curopéen

Les prix varient beaucoup suivant les rendements ils oscillent entre B et 11 francs les 100 kilos.

Dans les cultures européennes il faut prendre des ouvriers pour faire la récolte, le quintal d'olives à St-Denis-du-Sig coûte 4 fr. 25 à A fr. 50 de frais de récolte, les frais de main-d'œuvre sont parfois si considérables que certains colons en sont effrayés et pensent que les frais de cueillette annulent les bénéfices réalisables avec les-prix très bas des bonnes huiles d'olive. C’est aussi pour atténuer, autant que possible, ces dépenses que les grosses olives

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seront toujours recherchées pour les cultures irriguées et exploitées par les colons.

En Tunisie, la cueillette est faite à des époques réglées en raison de l'impôt prélevé par l'Etat. Les Tunisiens ont adopté un procédé particulier qui consiste à se garnir l'extrémité des doigts avec des cornes de chèvres et à peigner les rameaux avec la main ainsi armée les olives tombent et sont ramassées dans des corbeilles.

Les olives cueillies pendant la saison froide se conservent assez bien à condition de ne pas être mises en tas trop élevés, étendues sur des planchers, sous une épaisseur de 25 à 30 centimètres elles peuvent attendre quelques jours avant d'être mises en œuvre. Pendant ce temps dans beaucoup d'usines elles sont soumises à une manipulation qui a pour but de séparer les feuilles apportées avec les fruits.

Chez les indigènes les olives sont souvent conservées pendant plusieurs mois avant d’être triturées et pressées. Dans quelques tribus dès que les olives sont arrivées à la maison elles sont plongées dans l’eau bouillante puis étalées et enfin mise en tas et recouverte de feuilles et de branchages.

Toutes ces olives ainsi conservées subissent des fermentations qui augmentent le goût de fruit et détermine un rancissement qui est très recherché par les consommateurs indigènes.

. Les Kabyles sont convaincus que les olives ainsi traitées rendent plus d'huile que les olives fraîchement récoltées. D’après eux cette maturation déterminerait l’augmentation du taux de l'huile et ren-

drait son extraction plus facile. : È |

La conservation des olives dans les usines est une question qui présente un certain intérêt. Le plus souvent dans les moulins à huile on cherche à éviter autant que possible l'encombrement causé par les livraisons qui se font parfois d’une manière irrégulière.

Le procédé qui donnerait les meilleurs résultats, au point de vue de la qualité de l'huile, consisterait à placer les olives dans des citernes où elles seraient recouvertes d’eau que l’on renouvellerait tous les jours, en vidant la citerne par le bas.

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Les olives cueillies peuvent avoir atteint trois degrés de maturité qui sont indiqués par la couleur du fruit.

Les olives encore vertes donnent une huile fruitée qui a une légère amertume et se conserve bien.

Les olives violettes donnent une huile fine fruitée généralement

très appréciée et de conservation facile.

Jeunes Kabyles employées à la cueillette des olives.

Les olives noires donnent une huile très douce, mais plus sujette au rancissement. |

Il est très important quand on recherche la qualité de faire cueillir chaque variété d'olive suivant le degré de maturité qu'elle exige pour atteindre son maximum de rendement en quantité et en qualité.

Les olives qui tombent et les olives piquées doivent autant que possible être traitées séparément leur rendement est non-seulement inférieur mais la qualité laisse beaucoup à désirer.

: Rendement. — Il est fort difficile d'évaluer le rendement de l’'Olivier. Cet arbre est susceptible de se montrer d’une fertilité extraordinaire, il peut aussi dans des conditions moins avantageuses rester à peu près Sans rapport. |

Ce n’est que vers la sixième année que l’Olivier commence. à rapporter à Sfax, d'après M. Bourde l’Olivier ne donnerait à cet âge que deux ou trois litres d'olives. Chez M. Bertrand à l’Arba, j'ai vu une plantation de 6 ans dans de bonnes conditions, mais non 1irriguée, donner 32 kilogrammes d'olives par arbre, ce qui représente, à 100 arbres à l'hectare, un rendement de 448 litres d'huile.

Des Oliviers greffés par M. Dufour à Ighzer Amokrane dans des pentes assez rocailleuses rendent à 6 ans, 6 kilogrammes d'olives et à 40 ans, 16 à 20 kilogrammes.

Dans les Olivettes de St-Denis-du-Sig on obtient d’après M. De-

loupy à 6 ans, 10 kilogrammes par arbre ; à 10 ans, 40 kilogram-

mes ; à 20 ans, 80 kilogrammes. Ce qui représente dans cette région un rendement en huile de 160 litres, 640 et 1.280 litres. Il faut se rappeler aussi que l'Olivier saisonne et qu’on ne peut pas compter tous les ans sur ce rendement.

À Relizane, les résultats sont à peu près les mêmes, à 10 ans un arbre rapporte pour 5 francs d'olives, à 20 ans pour 10 francs.

Il paraît évident que pour l’Olivier comme pour beaucoup d’autres plantes de nos cultures, les rendements peuvent devenir très élevés quand on arrive à réaliser toutes les meilleures conditions sur le choix du sol, de la variété et du mode de culture.

Il est aussi certain que l’Olivier, tout en étant l’arbre des terrains secs, donne des produits abondants surtout quand on lui donne un peu d’eau. 5

L'Olivier ne porte pas régulièrement ses fruits. Les arbres saisonnent, une bonne année est généralement suivie d’une médiocre

et d’une mauvaise si bien qu'on ne compte qu’une bonne récolte et demie en trois ans.

La taille bien conduite, les labours Féuente, les irrigations ont pour effet de régulariser la production.

La valeur des olives varie plus encore que la quantité, on ne tient compte pour l'apprécier que du rendement en huile. Ce rendement varie de 8 à 20 0/0. La moyenne obtenue généralement est

Ruines d’une huileric romaine entre Tébessa et Bir-Oum-Ali (photographie de M. Gsell)

de 12 à 45 pour 100, c’est à-dire de 13 à 16 litres pour 100 kilogrammes d'olives.

Le tourteau pressé ou grignou qui représente à peu près la moitié du poids des olives contient encore 10 p. 0/0 d‘huile.

Il serait intéressant de pouvoir apprécier rapidement la quantité d’huile contenu dans les olives, une méthode sûre et rapide d'appréciation réglerait les achats faits dans les usines. J’ai essayé de prendre la densité des olives qui est très variable et d'établir une relation entre cette densité et la quantité d’huile, je ne peux

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pas, sans les avoir vérifier piusieurs fois, donner des chiffres précis, mais on peut je crois admettre que moins une olive est dense plus elle contient d'huile. Pour apprécier cette densité il suffit d’avoir des éprouvettes contenant de l’eau pure et de l’eau avec un sel qui augmente la densité, j'ai employé le nitrate de soude, la densité du liquide est facile a prendre au moyen d’un densimètre, quand les olives restent à peu près en équilibre c’est

qu' ‘elles ont la mème densité ; j'ai noté comme densité extrême

Huilerie romaine à Bir-Oum-Ali (photographie de M. Gsell)

1145 pour une petite Chemlal et j'ai trouvé dans les Beni-bou- Melek des olives Oualeth moins denses que l’eau. :

Les analyses d'olives ont surtout élé faites avec. beaucoup de soins én Tunisie, par M. Bertainchand, directeur de: la Station Agronomique ; de ces analyses il résulte que les olivés de quelques variétés ne contiennent que 7 0/0 d’huile dans leur pulpe, tandis que les bonnes races comme les Chemlali de Sfax, Nabdjemel donnent à l'analyse jusqu’à 30 0/0 d'huile. Les olives des régions chaudes sont plus riches, le rendement. est plus considérable dans le Chélif que dans. la Mitidja. |

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et

Extraction de l’huile

L'extraction de l'huile est la plus ancienne industrie du Nord de l'Afrique, elle a acquis même sous la domination romaine un degré élevé de perfectionneinent si on en juge par les vestiges que l’on trouve dans toute la région de l'Olivier.

Les huileries romaines différaient peu de nos huïleries moder-

er rs Pressoir de l’époque romaine d’aprés les ruines de Bir-Oum-Ali (Croquis de M. Gsell)

nes, les bâtiments étaient parfois très grands et faits avec un vérilable luxe, comme l’huilerie de Bir-Oum-Ali, près Tébessa.

Les Romains employaient au détritage des olives des meules qui permettaient d’écraser la pulpe et le noyau ou la pulpe seule. Le premier modèle est le plus fréquent et est toujours én usage.

Le moulin qui n’écrasait que la pulpe -est plus rare, il en existe un assez bièn conservé à Tipaza, dans la propriété Trémeaux ; il

se compose d’une grande ÿasque en pierre du pays portant au milieu une colonnette, sur cette partie était fixé le pivot sur lequel était appuyé une barre en bois qui traversait les deux meules ainsi suspendues, les olives étaient dépulpées et broyées sans que la pression fut assez forle pour écraser le noyau. Ces moulins portaient le nom de Trapetum. Le Trapele était évidemment destiné à la préparation de l'huile fine. car les anciens

Plan de l'huilerie romaine de Bir-Oum-Ali ; A, poteaux verticaux ; B, dalle avec rigole ; C, Bassins circulaires (D’aprés un Croquis de M. Gscll).

savaient déjà que l'huile des olives dépulpées était supérieure. Les meules ou r#210lae roulaient sur les olives et écrasaient la pulpe et le noyau comme cela se pratique encore de nos jours.

Les anciens avaient encore d'autres types de moulins, entre autres le tudicula qui était formé d'un cône de pierre sur lequel roulait.une meule qui s’emboitait:

Les pressoirs élaient généralement constitués par deux poteaux verlicaux entre lesquels s'engageait une longue poutre (/ingula)

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faisant levier ; au-devant, sur une dalle munie d’une rigole circulaire élaient placé les cabas (fiscenae oleariae). Ces fiscines étaient parfois remplacées par de véritables claies en pierre, comme celle de Thala trouvée en Tunisie, l'extrémité du levier devait être abaissée au moyen d'un treuil ou d’une vis.

Les liquides s'écouläient du pressoir dans des bassins placés en avant, là devait s’opérer la décantation et la séparalion des margines. .

L'huile était ensuite reçue dans de grandes jarres que l’on

Trapetum romain à Tipaza

retrouve partout et qui sont encore en usage dans la région méditerranéenne.

Des vestiges nombreux de l’industrie ancienne des huiles on peut conclure que l’extraction se faisait avec beaucoup de soins et surtout que les anciens ont opéré sur de grandes quantités.

Chez les indigènes la fabrication de l'huile est la plus importante industrie, l'outillage est parfois très rudimentaire. Dans le cercle de La Calle les olives sauvages sont recueillies et traitées par l’eau chaude puis écrasées, lhuile-qui surnage est recueillie.

Des procédés plus compliqués sont en usage dans le pays où

l’Olivier est cultivé, cependant toutes les manipulations des indigènes sont défectueuses, car elles tendent à obtenir une huile

rance qu’ils aiment, mais qui est d'une valeur très inférieure pour.

le commerce qui la paie 50 0/0 de moins que l’huile des mêmes olives faites par les procédés modernes.

Chez les Kabyles de la région de Tizi- Ouzou on extrait encore l'huile suivant les anciennes traditions dans toutes les tribus ;

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