HÉRODIADE
Pour Théodore de Banville.
Au fauve appel des cors, au bruit rageur des cistres La grande Hérodiade et ses nymphes sinistres Sur des balais fourbus chevauchent en plein ciel.
Des démons accrochés aux crins de leurs cavales, Elles vont, ventre à terre, au-dessus d'Israël, Et la haine implacable, éclair froid et cruel, • Luit dans leurs grands yeux morts emplis de larmes pâl es ,
Entre leurs poings crispés serrant leurs fronts muets, Sous les grands ciels de cuivre et les lunes brumeuses. Au-dessus des détroits et des villes fameuses. Elles vont emplissant l'air de grands coups de fouets ;
Et dans des cors d'airain des nains aux bras fluets. De Sicile en Brabant, de Mayence à Grenade, Clament : c Chrétiens, voici la chasse Hérodiade. »
DAME HABONDE
e^ Théodore de Banville.
Au son des cors veogeurs la chasse errante et blême S'enfonce à l'horizon des vieux monts de Bohème Et là, sous les pins noirs, dans un ravin pierreux
Une fois Tan fait halte, et la meute damnée Va pouvoir enfin boire au torrent sulfureux, Et, lasse, Hérodiade enfin de ses yeux creux Va pouvoir essuyer les pleurs de l'autre année,
Quand tinte au clair de lune une cloche de fer Fêlée. En rugissant la meute vagabonde Détale, un vent maudit remporte, et dame Habonde, Cadavre au ciel errant, remonte et fuit dans l'air.
Emportant dans la trombe et le regret amer Du passé, le cortège aujourd'hui satanique Et jadis adoré de la déesse Unique.
l'ombre Bl,EU£