‹ L'ombre ardente: poésiesChapitre 32 sur 82 · VIVIANE · texte numérisé non relu

VIVIANE

Pour Léon Cladel.

Linus aux bois de Crète errant parmi les branches Voyait fuii* et tourner de vagues formes blanches Qui riaient; et des pieds nus, dansant sur le thym

Et la menthe sauvage, égaraient Théocrite

En Sicile. En Bretagne, au temps d'un roi lointain,

Viviane, en riant de son rire argentin.

Pour captiver un mage évoquait un vieux rire;

Un charme Âssyriaque aux savants nombres d'or, Et svelte, demi-nue et d'iris bleus coiffée, • Les bras cerclés d'argent, dansait, lascive fée, Sur le rythme endormant des prêtresses d'Endor.

En vain pour réveiller Arthus sonna du cor, Le vieux barde oublié dort dans Broceliande Et les harpeurs gallois ont gardé la légende.

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TIPUAINE

Pour Lion CladeL

Tiphaine, elle, invisible, au bord des fondrières

Errait au clair <le lune, et les roses bruyères,

Se haussant sur leur tige en fleurs, baisaient sa main.

De peur qu'un indiscret rôdeur voulût la suivre, Elle marchait pieds nus, et, sur ses pas, un nain Refermait la broussaille obscure, et son hennin Se profilait en noir sur le grand ciel de cuivre.

Tambourinant des doigts sur un miroir poli L'appel aux quatre vents de Tespace sonore.

Elle faisait chanter l'obscène mandragore, Puis, tournoyant trois fois sur un rythme joli

Et tendre, elle cueillait enfin la fleur d'oubli,

Dont l'essence mêlée au suc des jusquiames

Rend la vigueur au mâle et la jeunesse aux femmes.

l'ombre BLEtJE 71

OniANE

q4 Léon CladeU

Oriane la fée était J'effroi du pAtre...

Vaguement entrevus dans son antre bleuâtre, Donnaient, las et charmés, des preiix casqués d*orfrois.

Allumant les joyaux et les claires si marres^ Une lune fantasque aux rais glauques et froids Glissait dans la caverne, et les beaux palefrois Paissaient l'herbe à l'entrée, harnachés de cuirs rares.

Guidé par la huette ululant dans les bois,

Amadis vint au seuil de la grotte divine

Et, devant la lueur emplissant la ravine ;

Le sire errant, sans crainte, ayant corné trois fois,

Sans réponse, entra, lui, dansTantre et, de ses doigts Déchirant le rideau de lierre et de liane, Pour ce geste hardi, fut aimé d'Oriane.

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L*OMBRE ARDEKTE

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