‹ L'ombre ardente: poésiesChapitre 48 sur 82 · LA PETITE ILSE · texte numérisé non relu

LA PETITE ILSE

Pleurez, la petite Use est morte.

On l'a mise en un batelet Tendu de drap noir, à Tourlet Brodé d'argent, comme on en porte A la cour pour le deuil du roi.

Le cadavre d'Usé a bien froid.

Use a les deux lèvres gercées Et les paumes des mains glacées, Toute raide en son lit étroit.

De grands oiseaux dans les ténèbres Tournoient avec des cris funèbres Autour du cercueil : un muet

Veille le corps blême et fluet.

Et la barque entre les deux rives Glisse et descend à la dérive.

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