‹ L'ombre ardente: poésiesChapitre 57 sur 82 · HERCULE AU LAC STTMPHALB · texte numérisé non relu

HERCULE AU LAC STTMPHALB

Par des ravins obscurs, où des roches affreuses Déchirent ie zénith décrètes blêmissantes

D'un blême flamboiement, Sous un tourbillon noir de becs et d*ailes creuses, Le héros svelte et nu s'avance, armes pesantes.

D'un pas fier et charmant.

Ces étangs empestés et ces falaises mornes Sous un ciel de colère étouffant, c'est Stymphale

Et ses essaims maudits.

Leurs innombrables vols à Thorizon sans bornes Font un nuage d*encre où clame une rafale

Sinistre.

^ • . Enhardis,

Les hideux carnassiers au long cou de cigogne Accourent, bande immonde, autour de l'intrépide

Héraclès à Toeil vert;

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174 L*OMBRE ARDEKTE

Et, tout glnants encor du sang noir des charognes, Font bruire et claquer leurs grands becs dans le vide

Avec un rire amer.

Quand, ayant tendu l'arc et renversé le torse En arrière, le dieu, d*un cinglement de flèches,

Emplit soudain les airs.

Et, sous le geste sûr et calme de la Force, Les oiseaux transpercés, telles des feuilles sèches;

Pleuyent des cieux plus clairs.

Ils tombent en criant, et leur masse sanglante Fond, tournoie et s^abat en pluie infecte et chaude

Sous les traits éclatants, Et le héros ravi suit la chuté plus lente Des blessés s'enfonçant dans les eaux d*émeraude

Et de plomb des étangs.

Ces lacs empoisonnés et ces falaises mornes Sous une pluie en sang d'oiseaux morts, c^estStymphale

Qu'un dieu Jeune et hardi Vient d'afi'rahchir enfin, €t TOcéan sans bornes Des roches dans la pourpre ardente et triomphale '

Du soir monte et grandit.

Par des ravins obscurs, où des eaux sulfureuses Fumaieçt hier encore au pied d'étranges cimes

' Au pâle flamboiement, .Sous un ciel obscurci de cigognes affreuses Un héros a passé, contempteur des abîmes.

Intrépide et charmant*

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MADREPORES

^d'après TBOIS GUSTAVE liOBEAU)

Au docteur Samuel Po{:[i, son tris reconnaissant J, L.

SAPRO MORTS

La Divine était morte : entre les vagues noires De ses longs cheveux d'ombre étendue et les yeux Clos & jamais, Sapho, cadavre harmonieux.

Gisait sous la falaise au pied des promontoires.

Dans des clartés de givre et des frissons dé moire. Montait là calme lune, et ses rais lumineux Trempaient l'eau transparente, où la fllie des dieux Dormait les bras croisés sur sa lyre d'ivoire.

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L OMBRE ARDEKTB

Au loin, au pied des rocs, pareils à dés phalènes, Des goélands neigeux, qu*argentait un rayon, Secroisaient^puisfuyaientcommeunflold'ombresvaines

Attirés vers la Morte où, pâle vision.

Un grand oiseau de mer ouvrant deux ailes blêmes

Planait, spectre ébloui de ces vivants poèmes.

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L'OMBRB GLAUQUE 177 .j

GALÀTÉE

Le front ceint de fucus et de corail amer, Parmi la floraison des glauques madrépores, r Galatée apparaît sous les voûtes sonores .

De la grotte, qu'emplit le rire de la Mer.

Des coquilles de nacre et des algues charnues

Se meuvent lentement autour d'elle, et Tazur

De ses ^ands yeux contemple au fond de Tantre obscur

Des coins d!ombre hantés de frêles formes nues;

Divinités du gouffre, âmes ou fleurs de chair

Autour de Galatée écloses, foule amie

Veillant et sur la Perle et la Nymphe endormie.

Tandis qu'entre les rocs glisse et luit, morne éclair De convoitise en rut, la prunelle ennemie Du Cyclopé, batteur et ciseleur de fer.

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LES 8IRÈNES

Sous les frissons nacrés d'un ciel ardent et triste. Fleurit, hymne adorable en sa mélancolie,

La chanson des Sirènes.

Un incurable ennui nage dans Tamétbyste De leurs longs yeux, Tennui du dieu qui les oublie

Sur ces grèves sereines.

Car le bleu Poseîdon et le cruel Eros, Au pied de la falaise ont mis, présent fatal,

Les trois terribles sœurs, EU chair magique offerte aux désirs des héros, Leur beau groupe enlacé, tragique et végétal.

Attend les ravisseurs.

La solitude a fait leur beauté solennelle Et, sous Talgue mouvante et la perle et la gemme,

La suprême ironie, Qui les cloue au rivage, alanguit leur prunelle •Et met sur leurs fronts las, que ceint un diadème,

Une lente agonie. - Aimer I pouvoir aimer! Tel est leur rêve amer. Biais, captives des dieux et des temps révolus,

Ha!r l'homme est leur sort;

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\ \ Ety dans réternité, les Filles de la Mer ; \ Au corps bleuâtre et froid, lavé par les reflux, \ Nous verseront la Mort.

i Sous les frissons nacrés d*un ciel ardent et triste, \ Fleurit, hjinne adorable en sa mélancolie,

La cbanson des Sirènes.

Un incurable ennui nage dans Taméthyste De leurs longs yeux, Tennui du dieu qui les oublie Sur ces grèves sereines.

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URGELE

Pour Gustave Moreau,

Au pied de la falaise, où clament des cris vagues, Sous les arches de pierre, où dans le bleu des vagues Miroite et reluit l'algue aux longs cheveux errants,

Urgële aux yeux verts d'onde, aux yeux verts de couleu- Parmi la floraison des varechs odorants, [vres

Tend sa main aux baisers des noyés transparents Et sourit aux instincts des crabes et des pieuvres.

Prise aux reflets du sel et du corail amer, Une aurore captive emplit les madrépores Et la rumeur des flux monte aux voûtes sonores, Où des goélands fous se heurtent, essaim clair.

Sous la porte géante, où sonne un bruit de fer, Urgèle, assise au bord de sa grotte marine, Songe et l'odeur des morts dilate sa narine.

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L, OMBHE OLAVQVS

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