‹ L'ombre ardente: poésiesChapitre 59 sur 82 · LES HÉROS · texte numérisé non relu

LES HÉROS

HERCULE ET L'hYDRE

Dans le dédale affreux des marais, où la Bêle

Dresse et darde en huit jets ses huit gueules squammeuses

Suantes de poison, Héraclès est entrée le laurier vert en tête.

Précédé par le bruit des victoires fameuses

Qu'atteste la Toison :

La Toison Néméenne à ses reins attachée.

Rutilante d'or fauve et de rubis gemmée

Comme un manteau royal.

Et qu'il traîne indolent, de meurtres frais tachée, Comme traîne après lui la vaine renommée

D'un prince oriental.

Une odeur de cadavre empeste la ravine Où s'avance, hautain et beau de nonchalance,

Le fils' aimé de Zeus. * :

Le héros a froncé sa narine divine; Il %onge, ayant fleuré l'atroce pestilence

Du charnier fastueux, Du tragique monceau purulent et bleuâtre

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