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Des victimes de l'Hydre, amas saignant de plaies
Et de fiuentes chairs :
Chairs de guerrier, de fils de rois et chairs de p&tre Tombés tous, Tépouvante au fond des mornes taies
De leurs yeux grands ouverts.
Et le cœur du héros justicier se soulève Et sa poitrine gronde, et le monstre deLerne,
Qui l'observe accroupi Dans l'herbe, se déploie et rampe et, dans un rêve Effroyable, se dresse au seuil de la caverne,
Gigantesque, et glapit.
Et le multiple jet des tètes de couleuvre S'exaspère, se tord, bave, sifQe et s'élance
En replis verts et bleus, Et la Bète, pareille à quelque horrible pieuvre. Irradie autour d'elle un tournoiement immense
De serpents fabuleux. .
Le seuil d^la caverne, où de vagues squelettes S'animeot, réveillés au bruit de la massue
Qui se lève et s*abat.
Gémit comme une enclume; au loin, de violettes Faces de trépassés raillent l'Hydre qui rue
Ses tètes au combat.
Un cliquetis de fer ébranle ses écailles Où coule en pleur jaunâtre une sueur fétide.
Et parmi des lueurs, De ses flancs transpercés, qui lâchent leurs entrailles,
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Jaillit à chaque plaie un autre jet livide
De serpents en fureur; Quand, retombant soudain sur la Béte érigée, Tel un grand lys de flamme au-dessus de la vase
De ces marais de Mort, La masse aux clous d*airain foudroie TH^^dre figée D'horreur et, d'un seul coup, la disperse et l'écrase
En réclabouFsant d*or.
Par le dédale affreux des marais, où la Béte Dardait encore bipr ses huit gueules fumeuses
Suantes de poison, Héraclès a passé, le laurier vert en tète, Précédé par le bruit des victoires fameuses
Qu'atteste la Toison .
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L'OMBRE D'OR
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