LES CAPTIVES
A Irûvers les récits épiques
Et les combats retentissants
On voit passer au vent des piques
Des femmes aux seins pâlissants.
Sous leur paupière humiliée
Leur regard haineux garde encor
Les feux de Troie incendiée,
Croulant au son brutal dû cor.
Leur torse a des splendeurs de nacres
Sous leurs mouvants cheveux d'or clair
Et la rouge horreur des massacres S'allume aux clartés de leur chair.
Sous leur ceinture ciselée Et les anneaux- de leurs bras ronds Leur beauté triste et résignée D'Eros a bu tous les affronts.
J/OMBRE d'or 209
Présent fatal d'£ros aux braves Et par les braves dédaigne, Leur beau corps du maître aux esclaves Passe tour ù tour oulraçé.
Aussi leur chair indiiïérente.
Lasse de fatigue et d'amour, A chaque amant plus transparente^ Se fane et pâlit chaque jour.
Ces pâleurs de fleurs maladives, L'éclat de ces yeux sans sommeil Sont votre parure, ô captives, Filles de fange et de soleil.
La chair de vos blanches poitrines, Meurtrie aux caresses d'£ros, A gardé des saveurs divines Où revit l'âme des héros.
Puisse cette saveur de crime, Exhalée entre vos seins blancs Captives, imprégner mon rythme De leurs parfums chauds ei troublants.
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Bstçsuff
Briseîs a seize ans : son front veiné d'iris
A la douce pâleur des aubes matinales
Et ses pieds transparents aux doigts cerclés d'opales
Font rêver au calice étincelant des Ij's.
Elle songe au Scamandre où dans les joncs fleuris Elle se baignait nue, au temple aux larges dalles, Où ses pieds bondissaient au son clair des crotales, Ses pieds nus, aujourd'hui de lourds joyaux meurtris.
VA\e revoit en rêve au fond des crépuscules
Le chœur plaintif et doux des blanches hiérodules,
Chantant l'hymne du soir sous les cieux solennels.
Et/triste au souvenir de ses vœux éternels.
Sous ses bras nus d*enfant, serrés de bandelette, Pour mieux pleurer sa honte, elle voile sa tète.
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