‹ L'ombre ardente: poésiesChapitre 67 sur 82 · JU · texte numérisé non relu

JU

l'ombbe d*or

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Comme un beau ]y6 de neige emporté dans des algues Sur la grève au soleil vient mourir desséché, Andromède gémit, debout au bord des vagues, Kue et tordant ses bras aux parois du rocher.

Sous. les feux du couchant le sable, ardente lave, Brûle te torse vierge au rivage attaché Et la dune est déserte et le monstre qui bave S'avance avec le flux et semble s'approcher.

Lœil fixe, elle agonise et râle, inerte, en proie A l'horrible épouvante et son beau cou qui ploie, Se gonfle et se meurtrit au lourd carcan de fer.

Et tandis qu'elle meurt, saignante échevelée, Formidable et puissant, monte et surgit dans 4*air Le groupe de Pégase et du divin Persée.

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L OIJBRE ARDENTE

Avcopixï/Tj

Assise à la clarté tremblante des étoiles Sur la haute terrasse au palais de Pyrrhus, Androroaque sourit à ceux qui ne sont plus, Et la brise des nuits fait palpiter ses voiles.

Une ceinture d'or aux riches ciselures Met une flamme claire autour de ses seins nus. Et dans ses veux de veuve aux ardentes brûlures Nage le deuil amer des regrets superflus.

Son regard suit encore à travers la carrière L'épique tourbillon de gloire et de poussière Où flamboyait jadis le char ailé d'Hector;

Et pensive^ inclinant le cou sur sa poitrine, Elle embrasse, elle étreint sur sa gorge divine Le front pâle et charmant d'Astyanax qui dort.

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L OMBRE D OR

Evvoix

.Ouand elle errait pareille aux jeunes immortelles, De son rire sonore exaspérant Paris, De vagues chaînes d'or sortaient de ses prunelles^ Et ses pieds nus foulaient des corps d'amants meurtris.

Quand la galère grecque aux rivages fleuris De Sparte ramenait Tépouse criminelle, La même clarté vague, étrange et solennelle,. Riait sous sa paupière aux yeux des rois surpris.

Depuis elle a dansé sous le porche des bouges, Toute nue et tendant sa bouche aux lèvres rouges Des portefaix de Rome et des athlètes roux..

Les baisers des Césars ont mordu sa poitrine

Et, dans ses yeux rougis, noirs et meurtris de coups,

La clarté rit toujours éternelle et divine.

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L OMBBE ABDEKTE

Kat77?(Vo;a

Le cœur gros de sanglots, lasse d'ignominies, Kassandra la prétresse erre auprès des flots verts. Captive, elle en comprend les sombres harmonies Et se tait, rceilAxé sur Tinfîni des mers.

L'horrible amour des rois, les lentes avanies De l'exilée errant loin du foyer désert Et les dédains altiers des reines ennemies Ont fait ses yeux de flamme et son profil amer.

Debout, les bras croisés sur sa robe de soufre, Kassandre est là sans voix : l'attrait fatal du goufl*re Plaît à son regard trouble où nage un deuil puissant.

Ses regrets; comme un crible où goutterait du sang. Grain & grain dans les flots laissent tomber leur cendre Et Kassandre avec eux sent son àme descendre.

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l'ombre d*ok 215

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Kressida la Trojenne a le regard pervers.

Un désir jeune et fou dilate sa narine, Et dans son œil perfide aux mobiles éclairs, Rit la verte clarté de la vague marine.

Sous les baisers des rois assoifTés de sa chair, La lèvre humide et rouge et sa blanche poitrine Ont pris une saveur troublante, un goût amer. Et son torse a des tons polis de nacre fine.

Les beaux jeunes guerriers de Troie, Hector, PAris,

Troîlus l'ont aimée et fait râler jadis.

Pour chacun d'eux sa bouche avait un fier sourire.

Maintenant Kressida rit au fils de Thétyà Et, lascive au murmure attendri d'une lyre.

L'enivre de ses yeux clairs et froids d'hétaïre.

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