‹ L'ombre ardente: poésiesChapitre 74 sur 82 · ANTINOUS · texte numérisé non relu

ANTINOUS

Les flots glacés du Nil ont gardé ta mémoire, Éphèbe, et sous ton front ombragé de lotus Ton corps, pétri de fange et d'immortelle gloire, Fait rêver dans la nuit tes frères inconnus.

Rome a durant vingt ans adoré tes pieds nus, Les larmes des Césars en ont poli Tivoire Et, debout sur le seuil des siècles méconnus, Tu souris à travers les mépris de l'histoire.

Tes beaux pieds trahsparentssurchargésd'anneaux d'or, Qu'Adrien tout en pleurs entre ses mains avares Déjà raidis et froids, serrait, baisait encor.

Triomphent de nouveau sous des étofl'es rares £t font revivre, hélas! mille ans après ta mort, L'ère auguste des dieux et des amours bizarres.

mff

jl'ombre abdskte

Page 1