‹ L'ombre ardente: poésiesChapitre 75 sur 82 · ENNOIA · texte numérisé non relu

ENNOIA

Chilpéric, roi des Francs de Metz et de Neustrie, Un soir qu'avec les siens, chargés d'orfèvrerie Et de ciboires d*or étincelants d^émaux, II revenait -au pas triste et las des chevaux De piller au lointain quelque riche abbaye, Aperçut au rebord de la route accroupie, Les pieds nus et la face appuyée aux genoux, Lasse et blême, une femme aux fauves cheveux roux Qui dormait.

Auprès d'elle un vieillard au front chauve Était debout veillant... Et sur sa toison fauve Le ciel bleu rayonnait implacablement pur; Car on était en juin, au mois d'or et d'azur Et les épis brûlaient dans la chaleur intense.

La femme était si^pàle à voir et son silence Si noir, que Chilpéric, appuyant sur le mors De sa jument, fit halte et, devant tous ces ors Ebloui, regarda la femme et lui fit signe D'approcher; et les grands, l'air imposant et digne,

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