LA FONTAINE
Voici cette fontaine illustre de la Fable, Situee aux confins d’une vierge foret, Source d’amour divin et de joie ineffable,
Et qui du vrai bonheur nous livre le secret.
La fontaine d’onyx, de marbre et de porphyre, Dont les eaux ont l’eclat du plus pur diamant Et murmurent ainsi que la voix d'une lyre,
La fontaine apparait pleine d'enchantement.
Je t’ai trouvee enfin, lumineuse fontaine,
Ou la vieillesse vient implorer ton secours,
Ou la levre s’abreuve a ta liqueur sereine,
Ou, par toi, l’on revit encor de nouveaux jours.
Toi qui, mysterieuse au pays des legendes, Elaboras la vie en tes filtres menus,
A qui memes les dieux ont porte leurs offrandes, Et qui leur revelas des ages meconnus ;
Toi que n’ont profanee aucunes mains impures, Et que des soleils d’or empourprent de rayons ; Toi qui sus penetrer l’abime des blessures,
Et donner aux humains d'autres illusions ;
Toi par qui renaitra la fragile Esperance ; TJrne ou se sont penches les astres de la nuit ; Qui refermes la plaie et gueris la souffrance ; Toi qui sus opposer une borne a l’ennui,
E’OMBRE DANS EE JV1IROIR
¥ne fee a conduit, 6 Fontaine magique,
Mes pas tremblants vers toi que souvent j’entendis Evoquer dans mon reve un destin magnifique Qui nous ouvre tout grands de nouveaux paradis.
SOUKCE DE VIE
Je m’en viens me plonger dans la source de vie Dont le miroir reflete un songe non vecu,
Et dont la vasque en fleur, toujours epanouie, Parfume le passant que le Sort a vaincu.
Tu redonnes aux yeux eteints le plus beau reve, Aux levres les chansons qu’elles ne disaient plus ; L’homme sent en lui-meme une nouvelle seve Levant les jours nombreux qui lui sont devolus.
Car, refaisant aussi nos courtes destinees, les heures reprendront leur charme seduisant ; L’ombre reveillera les anciennes annees,
Et le passe mort, seul regnera le present.
Une aube apparaitra sur la terre vieillie, Sur la pente oh jamais je n’etais parvenu ; De l’ame de la tige et de la fleur cueillie, Un sang rejaillira que je n’ai point connu.
Et je serai ravi d’ecouter le murmure Qui me rendait songeur et morose autrefois, D’entendre de nouveau les chants de la Nature, Et de sentir le sol s’emouvoir a ma voix.
Les ferments de la vie, ivres de leur puissance, Auront, par ta vertu divine, regerme ;
Et tu rendras encor, Fontaine de Jouvence,
Le desir plus suave et l’amour parfume.