‹ L'ombre dans le miroir: poèmesChapitre 39 sur 73 · OMPHALE · texte numérisé non relu

OMPHALE

Quelle fut ta puissance, irresistible Omphale Que les siecles passes sauverent de l’oubli ? Quel exploit as-tu done ici-bas accompli,

Toi qui portes au front une etoile fatale ?

Princesse de Lydie au nom qui vibre encor, Avais-tu, par un don que possedent les fees,

Pour conquerir la gloire et ses brillants trophees, Seme par l’univers le desastre et la mort ?

Avais-tu souleve le heros qui guerroie,

Ebloui par les seuls attraits de ta beaute ? Comme Helene, as-tu vu tout un peuple exalte, Courir, d’un meme elan, a la prise de Troie ?

Par quel beau devouement et par quel trait divin Qui montrent l’heroisme ardent d’une grande anie, T'es-tu faite immortelle aux yeux du monde, 6 femme Portant au front le sceau d’un unique destin ?

Tu fus et resteras la Sphinx mysterieuse Possedant dans ton coeur un amour defendu ;

Et c’est pour toi que l’homme enivre s'est perdu, Alors qu’il entendit ta voix imperieuse.

Combien parmi les grands et les plus genereux, Parmi tous les heros illustres de la Fable,

Ont voulu recevoir ton baiser ineffable,

Et rechercher l’ivresse au miroir de tes yeux ?

Tous, parmi les vainqueurs dont la gloire irradie Comme un divin flambeau sur tout le genre bumain, Parmi les demi-dieux, espoirs du lendemain,

Parmi les conquerants, ceux a qui l’on dedie

Des temples, tous, parmi les morts et les vivants Qui semblaient detaches de la concupiscence, Contre leur volonte, soumis a ta puissance,

Ont connu la douceur de tes mots decevants.

Aphrodite toujours regnante et triomphale,

Pour nos ages nouveaux tu repris tes attraits,

Et dans tout homme l’on retrouve encor les traits D’un Hercule filant la laine aux pieds d’Omphale.

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