LE PELERIN
Dans une cendre d’or que repand le soleil, S’avance par la plaine un soucieux automne ; Et sur le front du soir alourdi de sommeil,
Un crepuscule roux a pose sa couronne.
N’etes-vous pas, 6 vents, des echos d’autrefois ? Combien vous fremissez, arbres que l’age accable 0 feuillages rougis dont se parent les bois, Combien vous m’evoquez le temps inexorable !
L'OMBRE DANS LG M1ROIR
Vous qui nous embaumiez, vous n’etes plus, parfums ! Vous n’etes plus, 6 fleurs magiques que l’on cueille ! Le pale souvenir monte des jours defunts,
Et c’est encor de lui que notre ame s’endeuille.
Rentrons. Que le silence habite en notre enclos Ou la lampe vacille inquiete et mourante. La-bas, l’ete pensif s’eloigne, les yeux clos, Sachant que finira demain sa course errante.
La boue emplit l’orniere ou ses pas ont passe ; Et comme un pelerin a la marche peu sure,
II chancelle, et l’on voit, de son sein oppresse, Goutte a goutte jaillir le sang d’une blessure.