‹ L'ombre dans le miroir: poèmesChapitre 55 sur 73 · LES YEUX VERS LE PASSE · texte numérisé non relu

LES YEUX VERS LE PASSE

Devant mes pas, Passe divin, ouvre ta porte. Que seul ton souvenir precieux me soutienne Beni soit le Destin qui vers toi me reporte Et veut que ma pensee entiere t’appartienne.

Pour l’austere vieillard dont se courbe le front, L’Avenir incertain deploie une aile noire ;

Et si des jours defunts il a subi l’affront,

II leur garde une place intime en sa memoire.

Les heures qu’on evoque en notre esprit lasse, Apparaissent toujours aux reves indulgentes,

Car celles-la vers qui tu me guides, Passe,

N’ont rien des prismes faux aux nuances changeantes.

I’Avenir sans attraits comme un astre palit,

Et, se melant a l’ombre, il s’eiface avec elle. Qu’il s’abime, 6 Passe, dans un complet oubli, Et que ta main me soit maintenant fraternelle.

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