‹ L'ombre dans le miroir: poèmesChapitre 59 sur 73 · LES JARDINS AUX FONTAINES · texte numérisé non relu

LES JARDINS AUX FONTAINES

les jardins aux blanches fontaines Ou, dans le temps, j’allais rever, Me tenaient loin des foules vaines, Des villes et de leur pave.

Et m’entourant de longs murmures, Ils m’apprenaient le sens des mots ; Leurs retraites calmes et sures Etaient pour moi mon seul enclos.

II y naissait des harmonies Plus douces que toute chanson ; De partout des voix infinies Y frissonnaient a l’unisson.

Doucement s’y deroulait l’heure Langoureuse des soirs d’ete.

Le Souvenir qui nous effleure Et qu’un mot a ressuscite,

Parfois tragait sa pale esquisse Dans l’allee au tremblant tilleul, Et, comme une ombre qui se glisse Couverte d’un voile de deuil,

II s’eveillait en ma memoire . . .

Mais comme une etoile eclairait Mon ame; comme un vent de gloire Venait me souffler son secret,

Bien vite un reve aux formes blanches Chassait ces noires visions,

Et, dans les entrelacs des branches, S’estompaient mes illusions.

De nouveaux songes semblaient naitre, ,Et loin du monde, et loin du bruit,

Je sentais se meler mon etre Au premier baiser de la nuit.

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