L’EAU CLAIRE DU RUISSEAU
0 Ruisseau, me voici penche sur ton eau claire Qui murmurait dans les sous-bois !
Tin rayon de soleil, comme jadis, t’eclaire :
De loin j’ai reconnu ta voix.
Le meme banc de marbre est la, vetu de mousse, Entoure des memes jasmins.
Doux souvenir ! son ame a la mienne si douce Reste attentive a mes chagrins.
I/OMBKK 1»ANS LK MIKOIK
0 Ruisseau lumineux ou s’effeuillent des roses Ton pur cristal fut le miroir Oil venaient s’abreuver, joyeuses ou moroses, Les heures trop courtes du soir.
Tu reveilles en moi le temps oil ma tristesse Veqait se plaindre sur tes bords Ob j’allais evoquer, souvent, dans ma detresse, Le spectre de mes songes morts.
Un vent insidieux passe dans la bruyere,
Et rouvre d’antiques douleurs ;
L’echo semble apporter mes plaintes de naguere Et le triste accent de mes pleurs.
Je te retrouve tel en ta course sereine.
Rien en toi ne s’est altere;
Ton onde garde encor sa grace souveraine Et le meme charme inspire.
Jamais de par les monts ta route ne devie :
Tu longes le meme chemin ;
Nul des mortels desirs qui troublerent ma vie Ne fut contraire a ton destin.
Mais si tu t’ecoulas paisible, d’age en age, Sans pourtant detourner ton cours, Vois : le Temps a grave sur mon pale visage Le stigmate fatal des jours.