LA MELANCOLIE
Et ees songes sont comme un exil de colombes Emportant a leurs bees des roses au del noir.
H. DE BEONLEB.
Nul ne peut echapper a la melancolie
ftui nous guette des nos vingt ans :
Notre ame, avant d'avoir vecu, deja vieillie, S’en revet a tous les instants.
Car nous souffrons en nous d’approfondir les causes Qui nous entourent de leur nuit ;
Car nous nous attristons quand s’effeuillent les roses, ftuand tout bonheur au loin s’enfuit.
Sans nous en avertir, la Mort prise de rage,
Sur nous vient se precipiter ;
Tout etre humble ou puissant courbe sur son passage, Et rien ne la peut arreter.
Le desenchantement comme un remords nous ronge ;
L’apparence trompe nos yeux ;
Le Temps qui nous aveugle aux lueurs du mensonge, Se rive a nos pas soucieux.
Tout espoir est un mythe et tout amour est cendre :
TJne plaie est au fond du cceur ;
Chaque jour ecoule nous aura fait descendre En l’abime de la douleur.
Et tel est notre sort que, parfois, on oublie Les heures oh l’on est blesse,
Pour nous ressouvenir avec melancolie Des illusions du Passe.