‹ L'ombre dans le miroir: poèmesChapitre 63 sur 73 · INCERTITUDE · texte numérisé non relu

INCERTITUDE

Devant le silence des nuits Dont mon cceur s’emeut et frissonne, Combien renaissent mes ennuis Et mes reves couleur d’automne !

Oh ! qu’il est triste d’etre seul Comme une pauvre creature,

Le front reconvert d’un linceul, Et de marcher a l’aventure !

Quelle detresse l’on ressent En ces longs soirs d’incertitude !

Le froid fige et glace mon sang, 0 penetrante solitude !

Est-ce toi qui me suis, 6 Mort ?

Ma joie est soudain dispersee.

Est-ce la crainte ou le remord Qui s’emparent de ma pensee ?

Je marche, toujours en eveil :

Une sorte de peur me guette.

Quel desastre attend ton reveil, Vagabond du songe, 6 poete !

Quel trouble n’eprouves-tu pas Devant l’humaine indifference ?

Le monde qui t’ouvrait les bras, Demain, prefere ton absence.

Et tu t’en vas, le front pali, Abandonne dans la penombre,

Sous le ciel terne de l’oubli Qui mele ton spectre a son ombre !

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