INCERTITUDE
Devant le silence des nuits Dont mon cceur s’emeut et frissonne, Combien renaissent mes ennuis Et mes reves couleur d’automne !
Oh ! qu’il est triste d’etre seul Comme une pauvre creature,
Le front reconvert d’un linceul, Et de marcher a l’aventure !
Quelle detresse l’on ressent En ces longs soirs d’incertitude !
Le froid fige et glace mon sang, 0 penetrante solitude !
Est-ce toi qui me suis, 6 Mort ?
Ma joie est soudain dispersee.
Est-ce la crainte ou le remord Qui s’emparent de ma pensee ?
Je marche, toujours en eveil :
Une sorte de peur me guette.
Quel desastre attend ton reveil, Vagabond du songe, 6 poete !
Quel trouble n’eprouves-tu pas Devant l’humaine indifference ?
Le monde qui t’ouvrait les bras, Demain, prefere ton absence.
Et tu t’en vas, le front pali, Abandonne dans la penombre,
Sous le ciel terne de l’oubli Qui mele ton spectre a son ombre !