‹ L'ombre dans le miroir: poèmesChapitre 64 sur 73 · LA SOLITUDE · texte numérisé non relu

LA SOLITUDE

“ Celul quI a coniprU uue la douleur vlent de rattaclieinent, ne retire daiiH la solitude.”

CAKIA mouni

Quand le vent de l’automne a referme ta porte ;

lorsque les jours clairs sont bannis De ton jardin oil tombe, h61as ! la feuille morte, Le spectre des ages finis

S’estompe et se dessine en ta pens6e ardente.

Combien tu te sens isole Dans ton delaissement oil l'image obsSdante De l’ami qui s’est envole

S’attache comme une ombre a ton reve nocturne.

Ton panvre coeur se brise alors ;

Chacun de tes instants se fait plus taciturne ;

Tu redis le nom de ces morts

Dont l’absence eternelle en l’abandon te plonge.

Tu te repetes tristement ;

“ L’incurable douleur qui m’obsede et me ronge, Nait, belas ! de l’attachement.

“ Pourquoi done endurer des souffrances si vives, Si l’amitie doit se tarir ?

A quoi bon s’arreter aux choses fugitives Qui lentement nous font mourir ? ”

Alors, avec l’automne, inconsole, tu pleures,

Au grand silence confondu ;

Et pres de l’atre eteint, maintenant tu demeures Dans l’oubli du monde, eperdu...

Quoique las, ton cerveau morbide se retrempe Dans le travail des longues nuits ;

Et tu ciseles sous la flamme de ta lampe L’oeuvre immense que tu poursuis.

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