LA LAMPE
Lampe, compagne de mes veilles, Etoile, guide de mes yeux,
Qui, dans le pays des merveilles, M’elaborais des songes bleus ;
Lumiere des nuits depensees A franchir les brulants sillons Ou la cendre de mes pensees S’envolait en noirs tourbillons ;
Clarte, parcelle de ma vie,
Qui fus le flambeau de mes soirs Sur la longue route suivie ;
Arne de mes plus chers espoirs,
0 toi, la Fee enchanteresse Qui m’eblouis de tes rayons ; Pure amante de ma detresse Et de mes inspirations ;
Petit astre qui me reportes Au souvenir du temps vecu Ou tant d’oeuvres demeurent mortes Au fond de mon esprit vaincu ;
0 toi dont la flamme nocturne Tremblait au geste de ma main ; Qui, de ma chambre taciturne, Semblait diriger mon destin ;
Par cette nuit inexorable Evocatrice du trepas,
Oil ne se verra sur le sable Aucune trace de mes pas,
Je m’en retourne aux heures breves t Oil sur toi j’inclinais mon front,
Au temps ou je faisais des reves Qui jamais plus ne renaitront !