‹ L'ombre de la croixChapitre 6 sur 15 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

lE DON DE l'éternel

PEUT-ÊTRE un jour verra-t-on le Juif-qiii-ades-pieds-jusqu'au-cou faire le métier de son beau-père, courir de foire en foire, de village en village, de marché en marché, le chapeau sur l'occiput, se livrant à tous les trafics et sifflant devant les portes pour appeler les ménagères. En attendant, il est gendre! Tandis qu'autour de lui tout le monde s'agite, que durant toute la semaine Amram court le pays en charrette, et que Guitélé verse à boire au Hongrois et au Tzigane, Hertz Wolf, penche «urle Talmud, la Kabbale ou le Zohar, chantonne les textes mystérieux... Vénérable respect d'Israël pour la piété et le savoir ! Antique souvenir d'une mission éternelle ! Rare et touchant idéalisme qui fait que tous ces meurt-de-

foim, dans ces Communautés perdues, mettent l'étude de leurs Livres sacrés au-dessus de l'argent même! Pas une minute Reb Amram n'a l'idée que son g^endre pourrait l'aider dans son commerce. Il s'est engagé pour trois ans à le nourrir sans riea faire, et la foudre de l'Éternel tomberait »ur sa maison s'il manquait à sa parole. Pas une minute Guitélé ne pense à trouver surprenant que son mari reste inactif pendant qu'elle fait Im servante. Que pèseront toutes ses fatigues dans la balance du Saint des Saints, à côté d'une seule lettre de la Loi que son époux étudie? N'est-ce pas lui seul qui travaille? N'est-ce pas lui »eul qui fait avancer la venue du Messie et le règne de Jérusalem? Et comme rien n'affaiblit autant l'homme que l'étude de« textes sacrés, elle prend soin de lui servir à table les meilleurs morceaux du dtner.

Ainsi chacun serait heureux dans la maison du Juif-qui-a-des-pieds-jusqu'au-con, Reb Amram parce qu'il trafique, et son gendre parce qu'il ne fait rien, si le Saint des Saints (béni soit-il!) daignait jeter un regard favo-

rable sur la pauvre Guitélé . « Maître du monde! gémit-elle deux fois par jour dans ses prières, pourquoi me laisses-tu inféconde? N'ai-je pas toujours observe tes saints Commandement*? Ai-je laissé passer un seul samedi sans allumer les bougies du Sabbat, qui sont aussi agréables à ton cœur que les grands luminaires étincelants au fond du ciel? M'a-t-on jamais vu m'asseoir à côté de mon mari, ou seulement toucher du doigt ton caftan, les jours du mois où mon corps est impur? Ne me suis-je pas toujours exactement plongée dans l'eau de la purification? Et quand je cuis le pain, ai-je jamais manqué de jeter au feu le morceau de pâte qu'on doit t'offrir en prémice ? Seigneur, n'ai-je pas fait tout cela? Alors pourquoi me laisses-tu sans enfants?.,. »

— Gara zou letova ! disait Hertz Wolf . Si le Seigneur a laissé Abraham et Sarah, Isaac et Rébecca, si longtemps sans postérité, c^était pour s'attirer leurs prières.

Et il se replongeait dan» l'étude, n'interrompant sa mélopée et ses balancements que pour se rendre à la synagogue et discuter

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pendant des heures quelque point de la Loi avec le Sacrificateur, le Mélamed ou le Rabbin,

Les jour» passaient ainsi, sans autre événement que le retour des fêtes, les enterrements, les mariages et les circoncisions dans les maisons étrangères, quand arriva à Hounfalou un Juif vêtu d'un caftan propre.

C'était un des quêteurs que le grand Zadik de Bels envoie dans ces hautes vallées rassembler de l'argent quand il marie ses filles. Il fit arrêter sa voiture devant le cabaret d'Amram^ et portant dans ses bras, avec autant de précautions qu'il eût fait d'un enfant, une longue caisse de bois, il entra dans la maison.

— Soyez le bienvenu, Reb Joël, dit Hertz Wolf qui le reconnut aussitôt pour l'avoir vu bien souvent à Bels, chez son père.

Et il l'invita à s'asseoir et à poser ta marchandise.

— Je ne puis la mettre n'importe où! répliqua le quêteur, en jetant un regard de dégoût tur la table où traînaient des verres dans lesquels on avait bu«

■r^ C*est donc une chose tellement précieuse? demanda Hertz Wolf intrig^ué.

— C'est la Thora que Reb Eljé vous envoie !

A ces mot», tout dans la maison fut saisi d'une agitation magfique. Le balai se mit à courir dans la chambre; le bidon de pétrole, posé sur la fenêtre, alla se cacher sous le lit; le« caftans, les chemises, les i>ottes et les bon^ net» fourrés déguerpirent de l'armoire; les guirlandes, dont on décore les cabanes pour la fête des Tentes, sortirent de leurs tiroirs et se déroulèrent au plafond ; des branchages montèrent le long des murs ; les pots de géranium qui te morfondaient devant la porte, accoururent «ur la cheminée; les persiennes se fermèrent sur la grande lumière du jour; les mouches cessèrent de bourdonner, et, sur la table recouverte d'une nappe éblouissante, Reb Joël déposa son inestimable fardeau, aussi doucement qu'on met dans le berceau un enfant endormi.

Avec mille soins ils déclouèrent la caisse. La Thora était là, enveloppée d'un blanc taliss de laine. Comme une mère défait les langes

de »on nouveau-né, le quêteur déroula un pan de l'écharpe sacrée, et le Livre Saint apparut dans tout l'éclat de son parchemin neuf.

Bientôt le villag^e en émoi accourait chez Amram. Les barbes et les papillotes se penchaient avidement sur la table pour admirer la beauté du parchemin, la longueur des rouleaux, la majesté de la calligraphie. Quelle ville de Hongrie ou d'ailleurs pouvait se flatter de posséder une Thora pareille ? Seule la savante main de Reb Eljé Lébowitz avait pu se reconnaître dans le dédale infini de ces caractères magnifiques ! . . . Suivant l'usage , à la fin du rouleau les derniers mots du texte incomparable n'étaient tracés qu'à la pointe du poinçon. Le Rabbin les mit aux enchères. Chacun des Juifs de la Communauté voulait acheter un de ces mots, ou à tout le moins une de ces lettres qui sont un souffle de Dieu, pour les repasser à l'encre et participer ainsi à l'honneur d*avoir écrit la Thora. A prix d'argent, avec des cris et des gesticulations, ils se disputaient, comme au marché, cette denrée divine. Pour l'achat du dernier mot, précieux entre

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les plus précieux, puisqu'il est le souffle suprême sorti de la bouche d'Adonaï sur le mont Sinaï, un pieux duel s'engagea entre Reb lankélè et Beau-de-Ioin, le ramasseur des œufs. Au milieu de l'admiration générale les orgueilleux personnages mettaient surenchère sur surenchère. Et Beau-de-loin était sur le point de l'emporter, lorsque sa femme, le croyant pris de folie, lui lança à la tète sa perruque de satin.

Quand tous les mots furent adjugés, chacun des acquéreurs passa à l'encre les lettres poinçonnées, en suivant avec peine les longs détours de la calhgraphie. Gela dura longtemps. Il fallut plus d'une heure pour écrire le verset qui termine la Loi : « Les œuvres grandes et terribles que Moïse fit à la vue d'Israël. » Le texte était complet : on habilla la Thora.

Pour honorer son fils, sa famille, sa postérité, Reb Eljé ne s'était pas contenté de copier lé Livre avec amour, il avait encore envoyé une gaine de soie brodée d'un écusson aux deux lions de Juda, et deux riches couronnes garnies de clochettes d'argent. Hertz Wolf

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glissa le parchemin dans sa graine, posa sur les bâtons de buis les couronnes tintinnabulantes. Et la Thora ainsi parée, il la plaça debout, sur un rayon de l'armoire grande ouverte.

Les uns après les autres les hommes défilèrent devant elle. Se couvrant la main du taliss, ils la touchaient du bout des doigts, qu'ils portaient ensuite à leurs lèvres. Les femmes, qui ne sont admises qu'une fois l'an à la synagogue et ne voient que cette unique fois le Livre merveilleux, le contemplaient à loisir avec ravissement. Amram avait défoncé un tonneau dans sa cour, et chacun Tenait y boire en l'honneur de l'Éternel. Très avant dans la soirée on but, on chanta, on dansa, comme autrefois autour de Tarche sainte. Dans la chambre retentissait le cantique d'allégresse :

Heureux le peuple qui jouit d'un tel sort!

Heureux le peuple qui a l'Éternel pour Di#u*

Les uns se fient à leurs chars,

Les autres à leurs chevaux;

Mais nous, nous invoquons ton nom,

O Éternel Tzébaotli!.,.

Cependant, peu à peu, les Juifs regagnaient leurs logis. Hertz Wolf et Guitélé refermèrent pieusement la porte de l'armoire, et se mirent au lit dans la chambre devenue le sanctuaire du Saint des Saints. Tout n'était plus dans la maison que ténèbres et silence. Mais pour Guitélé, ces ténèbres étaient devenues lumineuses, ce silence s'était changé en musique. Toute la nuit, à travers les portes de l'armoire bien fermée elle vit étinceler la Thora, et les clochettes d*argent retentissaient à ses oreilles avec un doux bruit mystérieux.

Pendant deux jours et deux nuits le Livre demeura chez le Juif aux longs pieds, en attendant le samedi, où triomphalement accompagnée de toutes les Thora de la Communauté, la Thora de Reb Eljé Lébowitz fut conduite à la synagogue, sous le dais du mariage, comme une 6ancée couronnée. Depuis ce jour, les caftans, les chemises, les bottes, les bonnets fourrés ont réintégré leur place dans la chambre de Guitélé, les guirlandes sont rentrées dans leur tiroir, les branchages ont séché sur le fumier. Mais dan^t la maison du

Juif-qui-a-des-pieds-jusqu'au-cou tout garde encore un air de fête, comme si la Thora était toujours dans l'armoire, les guirlandes toujours au plafond et les feuillages toujours vert». Hertz Wolf, penché sur le Talmud, découvre des solutions nouvelles, mieux encore il invente des problèmes nouveaux! Un saint délire le possède. Il ne peut tenir en place, se lève à tout moment, arpente la maison à grandes enjambées, puis s'élance à la synagogue avec Tespoir d'y trouver un oisif à qui raconter ses trouvailles... Amram vient d'obtenir de TÉvêque l'administration de ses terres, l'emportant sur deux Chrétiens qui en sollicitaient le fermage, et dans la joie de ce succès il a déclaré à Hertz Wolf qu'il prolongeait de cinq années le temps où il resterait gendre î... Mais qu'est-ce que tout cela, les problèmes d'Hertz Wolf et les affaires d'Amram! Quel éclat singulier brille dans les yeux de Guitélé? Elle verse à boire au Hongrois et au Tzigane, et tout à coup s'arrête, prise d'une sorte de vertige. Les sonnettes tintent à ses oreilles, comme un invisible troupeau de brebis ou de Thora. Hier,

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en passant devant l'armoire fermée, elle l'a vue éclairée en dedans, comme si à la place des caftans, des bottes et du lin^je, le saint Livre était encore là ! Quelle lang^ueur délicieuse appesantit ses membres? Et en même temps quelle Jég^èreté, quelle allégresse à vivre, que! courage au travail! La Scbekhina, la Gloire de Dieu resplendit sur son visage. Oh! Thora sainte, tu l'as donc entendue dans cette inoubliable nuit que tu passas dans la chambre! Ce n'est pas vainement qu'au milieu des ténèbres tu emplissais de ta présence son cœur, ses oreilles, ses yeux! Ce soir, elle dira à Hertz Wolf d'où vient ton mystérieux bonheur...

Pourquoi le Juif-qui-a-de8-pied»-jusqu'aucou sort-il de sa maison à cette heure si tardive? Les ténèbres et la brume enveloppent le village ; Juifs et paysans reposent sous l'édredon de plumes ; les oeillets et les géraniums dorment entre les doubles vitres; on vient de souffler la bougie dans la chambre du Magnat. . . Sous sa triste lévite noire, les épaules voûtées, la tête et la barbe en avant, il se hâte à grands pas du côté de la synagogue. C'est pourtant une chose qu'un Juif n'aime guère de se rendre au Saint Lieu quand la nuit couvre le monde ! A cette heure les défunts s'y rassemblent, et bien souvent des passants attardés les ont entendus chantonner le Talmud et les Psaumes. Mais quoi ! pour ceux qui vont naître ne faut-il pas surmonter la terreur de ceux qui sont morts?... Guitéle vient de ressentir les douleurs de l'enfantement, et pour hâter sa déli-

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Trance, Hertz Wolf, frissonnant de terreur, court à la synagogue délier les cordons de la Loi.

Sur le seuil il •*arrête. Des voix ont murmuré quelque chose... De toutes ses oreilles il écoute, et comme le bruit paraît avoir cessé, •ur ses longs pieds prudemment il s'avance. Dans la cage suspendue au plafond deux ou trois cierges achèvent de se consumer. Tout au fond de la salle, les deux lions de Juda brillent sur le rideau cramoisi qui couvre l'armoire aux Thora. Il monte sur un escabeau, et d'une main mal assurée écarte le rideau qui g^rince sur sa tringle fouillée. Les grands rouleaux de parchemin apparaissent debout dans leurs gaines de soie, coiffés des clochettes d'argent. Hertz Wolf allonge un bras craintif, attire à lui le Livre que son père a copié. Les clochettes tintent faiblement, mais il lui semble que leur bruit a retenti comme un tonnerre dans toute la synagogue. Plus tremblant que la feuille il baise le parchemin sacré, délie la cordelette qui tient les rouleaux réunis, et d*une voix très basse, pour ne pas s'effrayer lui-même :

— Maître du Monde, délie ma femme comme je viens de délier ta Loi !

Il dit, et remet la Thora parmi la sainte assemblée. Puis il sort à g^rands pas et gagne son loçis à travers le village, où gémit quelque partie crincrin d'un violon...

Pourvu que cet enfant ne soit pas une fille ! se dit-il en marchant. Eh! sans doute, il en fout des filles ! Il en faut pour allumer les bougies du Sabbat, préparer les plats rituels et les innombrables gâteaux appropriés à chaque fête, et les grands cierges de Kippour! Mais il en va des enfants comme il en va des métiers : tous sont également nécessaires, et, par exemple, l'industrie du tanneur est tout aussi utile que la parfumerie, mais qui a jamais préféré la puanteur des peaux tannées à la suavité des parfums ! . . . Est-ce une fille qui pourra dire sur la tombe de son père le suprême Kaddisch, la prière qui délivre? Est-ce une fille qui pourra réaliser jamais l'éternel espoir d'Israël, qu'avec l'enfant qui vient de naître, en ce jour est né le Messie — le Messie qui erre par le monde sous les traits

d'un pauvre Juif inconnu, mourant et renaissant sans cesse, tantôt chez Jacob, tantôt chez Lévy, et qui se révélera dans sa g^loire le jour où Israël aura suffisamment souffert et prié?...

Bénis sois-tu, Maître du Monde! Quand il arrive à la maison, un enfant vient de naître. Et cet enfant e«t un garçon! Et il est né un mercredi , jour excellent entre tous pour mettre au monde un fils, car c'est le mercredi que furent créés les corps lumineux, et celui qui naît ce jour-là — on Ta constaté maintes fois — est doué d'intelligence et de grande mémoire.

Hertz Wolf entonne à pleine voix le beau cantique d'Israël :

Voyez le don de l'Éternel !

La récompense qti'il accorde,

C'est le fruit des entrailles!

Gomme les flèches dans la main du guerrier^

Ainsi sont les fruits de la jeunesse !

Heureux l'homme qui en remplit son carquois!...

Mais les matrones qui veillent autour de l'accouchée le font taire rudement, et le renvoient chanter son cantique dans la rue.

Coiffées de leurs saintes perruques qui découvrent, quand elles se penchent, leurs vieux crânes tondus, elles montent la garde autour de Guitélé, pour écarter les mauvais Anges qui tourbillonnent en bataillons invisibles, prêts à ravir le nouveau-né avant que la circoncision Tait introduit dans la communauté d'Abraham. Pendant huit jours, dès que tombe le soir, à rheure où les divinités nocturnes étendent leur empire sur l'univers enténébré, les petits garçons du village font irruption dans la chambre pour chanter et danser autour du jeune berceau, et leur ronde semble dire : « Dansons, dansons, petits Juifs! Rare dans DOS vies est la danse et la joie! Que Gamaliel, que Diane et que la fée Lilith ne brisent pas nos jeunes chaines! Qu'Adam et Eve restent ici, et qu'autant d'Anges bienveillants veillent sur ce berceau qu'il y a de clous dans le toit ! Que toutes les légions des Anges fassent la ronde avec nous! Puisse la vie toujours danser et tournoyer autour de notre petit compagnon ! Que le malheur ne puisse pas l'atteindre ! Que toujours notre ronde tourne autour de sa

rie!... » Et tandis qu'auprès d'elle chantent et tournoient les enfants, Guitélé en/jourdie se répète avec délice le beau nom qu'elle destine à son fils. Elle n'a choisi ni Benjamin, ni Salomon, ni David. Elle a choisi Rubën, véritable cri de triomphe qui signifie : Voyez, j'ai un fils!

Les matrones ont veillé huit nuits, la ronde enfantine a tourné huit jours. Encore quelques heures redoutables, et demain le couteau de la circoncision dispersera les ombres, écartera les fantômes. Dans cette nuit suprême où les Angles déchus vont tenter un dernier effort, le Sacrificateur apporte, pour défendre la mère et l'enfant, le couteau du Sacrifice, l'antique couteau deT Alliance, celui que l'Envoyé du Seig^neur ^^rcta autrefois sur la tête d'Isaac. Il le glissf. dans le lit, sous le traversin de l'accouchée. Quel démon serait si hardi de toucher à an enfant défendu par le couteau d'Abraham?... Jusqu'au matin sa présence tient en respect les esprits infernaux, et le jour qui se lève achève la déroute des mauvais çénies de la nuit. Sain et sauf, Rubën est porté

à la synag^ogue, la tête bien encapuchonnée dans un bonnetde soie, car une tète sans bonnet est un outragée au Seig^neur. Une fois de plus le couteau du Gho'het (1) accomplit sa fonction sacrée. La bouche édentée du vieillard qui sert de parrain à l'enfant, se penche sur la blessure toute fraîche pour sucer le jeune sang... 0 Israël, comme il faut que ton sangf soit pur et fort, pour que depuis tant de siècles que tous tes nouveau-nés sont ainsi accueillis par des bouches édentées, il y ait encore un Juif en santé sur la terre !

(1) S&criticateur,

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