LE PORT 1)1 I.IDE
Quelle Durandal sut ouvrir Cette échancrure éblouissante Dans la falaise où vient mourir La sente ?
Les vagues roulent leurs galets Au fond des grottes, noirs domaines Où, la nuit, doivent rôder les Sirènes.
Dans ce romantique tableau En deux couleurs : azur et bistre, Partout le plaisant se mêle au Sinistre.
La Nature, au lieu d'écraser L'âme qui vers elle s'élève, La berce, pour éterniser Son rêve...
L'homme-aux-rubans-verts n'eut pas tort D'aspirer à la solitude...
Il faut que je retourne au port Du Lude.
Retour
u Partir, c'est mourir un peu. »
Edmond Haraucourt.
Ixentrer, c'est renaître un peu, C'est renaître à ce qu'on aime, C'est achever le poème Interrompu par l'adieu ;
C'est reprendre le vieux thème Des rêves au coin du feu ; C'est voir plus clair en soi-même Sous un pan de ciel moins bleu.
Le chat, casanier et sage, Qui ne fut pas du voyage Fête ce retour ami,
Et nous en venons à croire Qu'il lit en notre mémoire Ronronnante comme lui.
La " Pastorale "
A Robert Kemp.
(Je soir je rêve, en écoutant, O Beethoven, ta Symphonie, D'en faire passer l'harmonie En des vers au rythme éclatant.
Pareil à ce fils de Titan Qui volait à Zeus son génie, Dès qu'avec toi je communie, J'aspire à l'Olympe un instant.
Mais, plus ma chute s'accélère, Plus ta flamme ardente m'éclaire.
Les seuls élus de l'Art sont ceux
Dont le cœur fervent s'humilie Et laisse à d'autres la folie De vouloir égaler les Dieux.
La Réprouvée
a Pauvreté s'assied au talus du chemin, Seule et triste, les ans courbant sa tète lasse Sur le bâton noueux qui tremble dans sa main.
Loin des bourgs aumôniers d'où son orgueil la chasse, Elle fait halte, en évoquant le compagnon Qui partageait sa miche et portait sa besace.
Ciseleur du clocher, du beffroi, du pignon, L'Art était le suivant joyeux de la Misère : Il ne la connaît plus, il ne sait plus son nom.
Il a honte d'elle et de lui, du pauvre hère
Qui, de Villon jusqu à Watteau, s'en fut, quêtant
L'aubaine du bon gîte et de la grasse chère.