‹ L'Ombre du mari, comédie-vaudeville en 1 acteChapitre 4 sur 18 · GG · texte numérisé non relu

GG

Q::i île docteurs «'entourant pour u» rien , Chaque malin amendent leur visite ,

Pour savoir s’ils se poilcal bicu.

r \\\Y. Dam! ou est bien aise de connaine U* nouvelles... Prêtez-le-moi donc un peu , votre journal ?

R'.GOT. Oh! je ne peux pas, mamzelle.

Si le propriétaire savait qu’on se fusse permis de le lire avant lui...

F vwy. Il n’en saura rien.

r .'.lie lui aradic le journal rie la main.

ragot. Manuelle Fanny , rendez-le moi, je vous en prie! Vous allez inc compromet Ire.

faxxy , ouvrant le journal. Tiens, il est taché.

ragot. Ali! oui , je sais ce que c’est — c’est moi que j’ai laissé touiller du café dessus en le parcourant.

faxxy. Eh bien! à la bonne heure!

j’aime beaucoup vos scrupules après cela.

ragot. A propos... et AI"' Lrmomiicr,

votre excellente cousine? comment se

porte l’état de sa sauté?

faxny. Elle est plus triste que jamais.

ragot. Elle pense toujours à son défunt... Dieu de Dieu ! il pouvait se vanter d’èlre cruellement aimé , celui-là.

faxxy. Aussi avait-il tout ce qu'il fallait pour plaire : grand ,lnen fait , un caractère admirable, un bon genre, elsi vous ajoutera rein son uniforme de sergent du génie qu’il portait à ravir, vous aurez une idée du mari que ma cousine regrette.

ragot. Que diable! alors, puisqu’il était adoré de sa femme et qu’il l'aimait de même, du moins je le suppose, pourquoi diantre va-t-il désaltcr?

faxxi. Pourquoi? pourquoi?.... parce qu'il avait donné un soufflet à son lieutenant ù la suite d’un repas où la sobriété avait été un peu négligée.

ragot. Alt! dam! un soldat, ça ne

devrait jamais se griser un portier, je

ne dis pas , parce qu’il peut toujours allonger le bras jusqu’à son cordor cl puis ,

s’il oublie quelques lettres, il les remet le lendemain ou le surlendemain ; ça re-

tombe sur le dos du facteur ; mais dans le militaire, c’est que ça ne badine pas, voyezvous?.. Alors je comprends : il s'a émigré, pour éviter le désagrément du feu de peloton.

fayvy. Sans doute; il a gagné un port de mer, et s’est jeté sur uu bâtimeut qui

partait (tour le Brésil... malheureusement le vaisseau a fait naufrage sur les côtes d'Amérique , et tout a été englouti , équipage et passagers.

R AGOT. Et depuis ce lems-là, la pauvre femme...

FA \ x Y Elle pense toujours à son mari ; elle ne veut pas cesser d’y penser.

R AGOT. E'est une veuve bien rare entre toutes les veuves, mademoiselle Fanny.

TAXA v . Et depuis quelque teins c’est bien pis : elle prétend qu'il lui apparail pendant la nuit.

r yuot. Ah bah ! elle revoit feu son époux dans ses reves ! Quel affreux cauchemar !

faxa’Y. Ub ! je 11e plaisante pas là-dessus, moi je ne crois pas aux revenons ,

d’abord.

RAGOT. Vous êtes uu esprit fort , vous , inainsclic Fanny. .. écoutez, quinze jours après la mort de ma pauvre défunte, il y a trente-deux ans, elle est revenue troisfoisde suite, et elle in’a dit que, si je 11e voulais pas croire aux revenans , je la reverrais sans cesse, à chaque instant.... Ah ! dain !

alors, comme vous pensez bien je me

suis dépêché d’y croire et depuis ce

teins- Là elle n’est pas revenue! Que le bon Dieu garde son aine !

faxxy. C’est bon.... c’est bon il y a

dans les visions de ma cousine quelque chose qui 11’est pas uaturel...

RAGOT. Je crois bien , c’est le ciel qui lui envoie un avertissement...

FAXXY. Nous verrons ça je ne sais

pourquoi j'ai dans l’idée que ça ne vient pas lout-à-fail du ciel... et peut-être...

RAGOT, o port. Ah! mon Dieu! si elle allait découvrir le pot aux roses... ( Haut .) Eli ben! mais je ne vois qu’un remède à

mut cela, moi c’est d’en épouser un

autre.

f axxy. C’est bien là mon avis ; mais elle ne veut pas en entendre parler. Peut-être aussi ne trouve-t-elle pas uu prétendant à sou goût.

ragot. Ellen’en manque cependant pas; et, sans parler de beaucoup d’autres, pourquoi ne prendrait-elle pas AI . Clovis? Hein, M. Clovis? C’est ça un bon parti : premier clerc d’huissier... deux clercs sous ses ordres , non compris l’iuvalide qui porte les copies.

kaxnt. Il est gentil , votre Clovis !

L'ON»*! DO u,,.

RAGOT. Mais il n’est pas mal pai

comme un pinson.

fanny. Oui , et spirituel comme un serin.

nAGOT . Allons , allons , vous lui en vou-

k* “'*» je m'amuse là à bavarder, et

le proprietaire s’impatiente de ne pas voir arriver son journal. .. Au revoir, manuelle Fanny.

FAJOVY. Bon soir, père Ragot, bon soir !

aussi bien, v'ià nia cousine.

(Entrée d'Adèle très-pâle et très-agitée.

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