‹ L'ombrelle--le gant--le manchon;Chapitre 14 sur 28 · H => FRS · texte numérisé non relu

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one Gant de Canepin; ils étaient faits à l'usage des femmes pendant l'été, mais le prétendu cuir de poule n’était que l’épiderme de la peau de chevreau; et préparer cet épiderme était le triomphe réel des gantiers de Paris et de Rome; on faisait, paraît-il, de ces Gants en canepin si minces que la paire pouvait être enclose sans peine en une coquille de noix.

Le Gant de cerf ou de buffle était spécial aux fauconniers: il couvrait leur main droite jusqu’à la moitié du bras, la protégeant ainsi complètement contre les griffes, ou plutôt les serres, de l'oiseau : faucon, gerfaut ou épervier, quand il venait se poser sur leur poing.

La chasse au faucon existait encore sous Louis XIII, mais ce n’était plus la grande et belle époque de ce sport artistique si profondément intéressant. — Dans une de ses légendes anciennes, André le Chapelain, sur lequel

fit une courte notice biographique, parles d’un épervier qu’il fallait conquérir, eg

champ clos des deux plus formidables champions de is la chrétienté. — Il était |

suspendu à une colonne d’or et gardé très soigneusement. Mais quand le chevalier eut conquis par son

adress

op le Gant, il vit sitôt s'abattre sur son poing le bel épervier tant convoité.

Jusqu'au siècle de Louis XIV, le Gant de peau était plutôt destiné à l’usage des hommes, et ce fut seulement sous ce prince que les Gants remontant vers le haut du bras et les Mitaines longues en filet de soie, pour faire valoir les mains de femmes, furent généralement adoptés par elles.

Les Gants à l’occasion, à la Cadenet, à la Phyllis, à la frangipane, à la Néroli, les Gants du dernier fendu, que portèrent un moment les précieuses, cessèrent d’être de mode vers 1680. L'usage dont parle Tallemant, de présenter aux dames, après la collation, des bassins de Gants d'Espagne ne fit que s'accentuer en passant de la cour à la ville.

Dangeau, dans ses Mémoires, a écrit un chapitre sur l’Estiquette des Gants et le Cérémonial des Mitaines. Je vous y renvoie sans facon.

Sous Louis XV, dans ce xvu® siècle si rem-

“pli de frou-frous soyeux, si enchanteur que je craindrais de m'y arrêter avec | sous ee de n’en plus sortir, Le

fyement un luxe proigieux. Toutes ces =,

coquettes que

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| Pater ou Moreau, entourées de leurs « filles de À modes», faisaient plus grand massacre de Gants à | l'heure de l’essayage que nos plus riches mon- À daines d'aujourd'hui. — Ces Gants étaient de l peau de chevrotin, de fil et de soie; les pius

ii célèbres venaient de Vendôme, de Blois, de Grenoble et de Paris; ils étaient généralement fabriqués de peau blanche, cousue à la diable, mais la coupe était gracieuse au possible, avec son revers tombant du poignet sur la main et les petits rubans et les fines rosettes de couleur incarnat qui s’entrelaçaient sur ce revers.

Les Gants cousus « à l'anglaise » étaient fort appréciés, car- on répétait comme un proverbe que, pour qu'un Gant fût bon, il fallait que trois royaumes y eussent contribué : «l'Espagne pour en préparer ia peau et l’assouplir, la France pour le tailler et l'Angleterre pour le coudre ».

Caraccioli prétend qu’une femme de bel air,

vers le milieu du xvrt° siècle, ne pouvait se disk penser de changer jusqu’à quatre et cinq fois de

Gants par jour — « les petits-maîtres, ajoute-t-il,

ce ne manquent pas d’avoir, dès le matin, des Gants IL !) roses ou jonquilles, parfumés par le célèbre A | Dulac ».— Pour les Mitaines, le même observa- | \] teur du siècle les signale comme spéciales aux À | femmes. « Cependant, dit-il, pour l'hiver, les | Mitons font des Mitaines fourrées et maintenant K les hommes en portent lorsqu'ils voyagent. »

mr M"° de Genlis fait cette curieuse observation

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