‹ L'ombrelle--le gant--le manchon;Chapitre 20 sur 28 · SG · texte numérisé non relu

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royal fermé de lys et doublé de peau d’hermine.

« Les manteaux des chevaliers, des ducs et pairs de France sont doublés de loup-cervier,

de martre et d’hermine; les chanceliers garde

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des sceaux, qui sont les gardiens de nos lois, portent les plus exquises fourrures.

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« Les bacheliers et docteurs, les empereurs et médecins revestent les fourrures qui repré-

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sentent les mystères de la théologie, les maximes

de la politique, les secrets de la médecine. Les fourrures guérissent les maux de tête et l’intempérie de l'estomac; les gouttes qui triomphent des plus puissants remèdes sont vaincues avec des peaux de chats, d’agneaux et de lièvres. » Enfin le bon Charrier constate avec orgueil que de tous les ornements que le luxe ait inventés, il n’en est point de si glorieux, de si auguste, de si précieux que les fourrures, et que les privilèges des marchands pelletiers surpassent à

bon droit tous les autres. € :

En effet, les maîtres et gardes de la marchanf dise de pelleterie avaient pour armoiries un 4 M agneau pascal sur champ d'azur. Deux hermi- ù IR nes soutenaient cet écu timbré de la couronne À & ducale avec cette devise en exergue (presque a

1 celle de la Bretagne): Malo mori quam fœdari. 3 ON L'usage des fourrures remonte aux origines du | D € monde. Plutarque, en ses Propos de table, rap- à + porte queles peuples s’habillaient de peaux avant la connaissance des étoffes; Taciteassure qu’il en ;

TS est de même des Teutons, Properce des Romains.

Cette cour que tu vois ores en riche parure Commença par des gens habillés de fourrure,

dit un poète du xvr siècle. Mais sans nous attarder à la conquête de la Toison d’or, à Rebecca conseillant à Jacob de se couvrir les mains et le col de peaux, à tous les exemples de la Bible et de l’histoire, nous remarquerons seulement que les quatre fourrures nobles consacrées par la féodalité étaient : l’hermine, le vair, la zibeline et le gris. Les couleurs des fourrures admises dans les armoiries étaient celles de la zibeline, de l’hermine et du vair. Charlemagne, qui aimait, dit-on, la simplicité dans ses vêtements, avait, suivant Éginard, l'habitude de porter en été un manteau de peau de loutre; mais en hiver il se couvrait d’un manteau dont les manches étaient fourrées en vair et en renard. C’est ce qu'indiquent les quatre vers suivants de Philippe Mousnes, le biographe poète de cet em-

pereur.

Et toujours en iveir siot À mances un nouvieil surcot Fourré de vair et de Goupis Pour garder son corps et son pis.

A l’époque des Croisades, le luxe des fourrures

fut porté au plus haut degré dans l'Europe occi-

dentale; mais, pour demeurer absolument fixé au Manchon, il nous faut enregistrer la première apparition de ce petit fourreau vers la fin du xvie siècle. Dans l’inventaire des biens laissés

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par la veuve du pré-

ce sident Nicolai, on lit :

77 Ttem : un Manchon de velours 7 doublé de martre :

A Venise cependant nous avons,

-*. /dans nos recherches, retrouvé vestige du

Manchon dés la fin du xv° siècle; les courtisanes célèbres

et les nobles dames portaient déjà des manchons qui

servaient de niche à des chiens minuscules, et une gravure

représente une scène d’intérieur où une belle Vénitienne

semble montrer à son amant les jeux infinis de ses bichons emmanchonnés.

Il y avait à cette époque à Venise des manchons délicieux, fabriqués, selon la façon primitive, d’une seule bande de velours, de brocard ou de soie doublée de fourrure fine que l’on arrondissait en cylindre, et dont lesextrémités se fermaient à divers degrés de largeur par des boutons de cristal d'Orient, de peries ou d’or.

D'Aubigné, en son Æistoire universelle, dit au cours du récit d’une ville assiégée : les habitants descendirent trente pas de la brèche, et fut remarquée, entre les plus avancés, une femme avec des manchons, une hallebarde à la main qui se mesla et se signala en ce combat. » Il ne faut voir ici, sous la désignation de Manchons, que des demi-manches de rechange, ainsi que celles dont il

Lens

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