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Lorsqu'en 1877 le prince de Galles, futur héritier du trône d'Angleterre, entreprit son
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fameux voyage dans les Indes, on fut forcé, — raconte le scrupuleux historien de cette expédition princière, M. W.-H. Russel, — afin de le
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faire connaître aux indigènes, de mettre le prince sur un éléphant et de tenir sur sa tête l’Ombrelle d’or, symbole de sa souveraineté
On peut voir aujourd’hui au South-Kensington Museum, dans l’admirable galerie indienne qui vient d’y être installée, une vingtaine de Parasols rapportés par le prince de ce voyage et
AS dont chaque type particulier vaudrait une description qui ne peut, hélas! à notre regret sincère, trouver place ici. On y peut admirer le
state Umbrella d'Indore, en forme de champi-
N gnon; l’'Ombrelle de la reine de Lucknow, en IR - satin bleu, broché d’or et couvert de perles fines;
D . . , 2 o puis des Parasols en gilt paper, d’autres tissés Ÿ. de matières diverses, quelques-uns entièrement
recouverts de plumes ravissantes d'oiseaux rares, EN tous à longs manches, en or ou en argent, da-
R masquinés, en bois peint, en ivoire fouillé, 7 d’une richesse et d’une exécution inoubliables.
Ti — CURE
Arrachons-nous, pa voir, au pays indou pour retrouver le Parasol sur une terre plus classique, dans l’ancienne Rome, au milieu du Forum et des jeux du cirque.
L'Ombrelle se trouve assez fréquemment STE dans les plus anciennes peintures sur pierres et vases d'Étrurie, bien longtemps même avant l’ère romaine. D’après Pline et Valère Maxime, c’est de Campanie que vint le Velarium destiné à garantir les spectateurs: du soleil. L'usage de l'Ombrelle particulier à chaque spectateur s'établit peu à peu, les jours où, par suite du vent, le Velarium ne pouvait servir. — Martial dans ses Épigrammes (livre IV) :
Accipe quæ nimios vincant Vinbracula soles
"Si licet, et ventus, te sua vela tegant.
. On se servait de l'Ombrelle non seule-.
ment dans les théâtres, mais encore aux
bains et surtout pendant les promenades. —
Ovide, dans les Fastes, nous montre Hercule
garantissant sa bien-aimée Omphale, à l’aide d’une Ombrelle, des rayons du soleil :
Aurea pellebant tepidos umbracula soles, sr Quæ tamen Herculæ sustinuére manus.
= Cette. image d’un Hercule portant un léger Parasol ne
serait-elle pas digne de remplacer le thème usé de la quenouille? JE e - +
Les anciens Romains apportaient dans la décoration de leurs Parasols une magnificence inconnue de nos jours. On empruntait à l'Orient ses étoffes, ses pierreries, son style ornemental pour
tives. — Lorsque Héliogabale, oubliant son sexe à lPexemple des prêtres d’Atys, apparaissait sur son char revêtu de la robe longue et de tous les colifichets à l'usage des femmes; lorsqu'il se faisait traîner et entourer par des légions d'esclaves nues, il portait un éventail en guise de sceptre et non seulement un Parasol d’or, en forme de dais, était étendu sur sa tête, mais encore, à ses côtés, deux wmbellifères tenaient de légères Ombrelles de soie couvertes de diamants, montées sur bambou des Indes ou sur tige d'or ciselée et
incrustées des pierreries les plus merveilleuses.
Dans le cortège qui accompagnait une matrone sur la voie Appienne, si nous en croyons l'historien de Rome au siècle d'Auguste, deux esclaves étaient obligatoires : la porteuse d'Éventail (flabellifera) et la suivante (pedissequa). Cette dernière portait un élégant Parasol de toile tendue sur de légers bâtons, à l'extrémité d’un très long roseau, pour qu’au moindre signe de sa maîtresse elle pût diriger sur elle l'ombre du mobile abri.
enrichir le mieux possible ces jolies tentes porta-
Le Parapluie romain semble avoir été un simple morceau de cuir, d’après ces vers que Martial écrit en forme de conseil :
Ingrediare viam cœlo licet usque sereno Ad subitas nunquam scortea desit aquas.
Ce « pan de cuir » était assurément un Parapluie qui, sauf le poids peut-être, ne devait rien avoir à envier au nôtre.
À Rome comme à Athènes, l’'Ombrelle semblait préserver des regards divins, car selon Montfaucon on couvrait même les triclinia d’une sorte d'Ombrelle, afin de se livrer plus mystérieusement aux orgies de toute sorte et aux plaisirs de Vénus.
La matière qui servait à la confection des Ombrelles était primitivement, au dire de Pline, des feuilles de palmier divisées en deux, ou des tresses d’osier; par la suite, on les fit en soie, en pourpre, en étoffes d'Orient, en or, en argent; on les orna d'ivoire indien; on les constella d'étoiles et de bijoux. Un auteur cite même des Ombrelles en cheveux féminins : mulierum ca-
pilli sic conformati ut Umbellæ vicem præstent.
Singulière coiffure ou singulier Parasol!
Juvénal parle d'une Ombrelle verte envoyée avec de l’ambre jaune à un ami pour sa naissance et au retour du printemps :
En cui Tu Viridem Umbellam, cui Succina mittas Grandia, natalis quoties redit, aut, madidum ver recipit.