PAT
se Ù NE Venons donc en Chine pour y retrouver Parasols et Parapluies
en grand honneur, dès le com-
mencement de la dynastie Tchéou (x siècle avant Jésus-Christ).
— « Les Parapluies d’alors, dit M. Natalis Rondot, ressemblaient aux nôtres; la monture était composée de vingt-huit branches courbées et recouverte Ÿ d'étoffe de soie. Les Parasols étaient de plume.
« D’après le Thong-ya, c’est seulement sous les premiers Weï (220 à 264 de Jésus-Christ) que les cavaliers commencèrent à se servir de Parasols; ces Parasols étaient, le
plus souvent, faits de baguettes de bam-
bou et de papier huilé; les personnes € A allant à pied n’en firent guère usage RS
Ve ES
Hot
me à on que sous les seconds Weï (386 à 554).
UK ci (A) A ] Les Parasols figurent d'ordinaire | \W LS 19 a
{ (WE ÿ (h
> dans les processions et
les funérailles dès le vrr siècle. Aïnsi, en 648, lors de l'inauguration du couvent de la Grande- Bienfaisance, à Si-ngan-Fou, on comptait, — dit l'historien de la Vie de Hiouen thsang, — rien que dans le cortège, trois cents Parasols d’étoffes précieuses. Le Parasol, en Chine comme aux Indes, a toujours été un signe de rang élevé, bien qu’il ne soit pas resté exclusif aux empe-
reurs et mandarins. On portait, paraît-il, autrefois, vingt-quatre Parasols devant l’empereur,
lorsque Sa Majesté allait à la chasse.
« Jamais un Chinois d’une classe un peu élevée, un mandarin, un bonze ou un marabout, ne sort sans le Parasol, constate M. Marie Cazal, le fabricant d'Ombrelles qui fit vers 1844 un petit Essai sur le Parapluie, la canne et leur fabrication. — Tout Chinois d'un ordre supérieur se fait suivre d’un esclave qui porte son Parasol déployé. » LR
« Le Parapluie, en Chine, est destiné au même usage que le Parasol, poursuit M. Cazal; il appartient à tous; jamais, dans les jours tant soit peu douteux, un Chinois ne sort sans son Parapluie. Les Chevaux même sont abrités, ainsi que les éléphants, par des Parasols ou des Parapluies fixés par des branches de bambou. Leurs conducteurs se gardent bien de les maltraiter : imbus qu'ils sont, comme tout bon Chinois, des doctrines de la métempsycose, ils craindraient de tourmentef l’âme de leur
EL ——— IIS SZ, }
père ou de leur aïeul réduit, pour expier ses fautes, à animer le corps de ces quadrupèdes. »
Les Parapluies et les Parasols les plus communs en Chine sont assez semblables à ceux qui sont importés en France; ils sont entièrement faits de tiges de bambou disposées avec un art énorme et recouverts de papier huilé, goudronné ou laqué. Quelques-uns sont coloriés et portent en impression des allégories religieuses ou des sentences de Confucius.
Tous les voyages en Chine et autour du monde sont remplis de détails sur le Parasol chinoïs : « Les femmes chinoises, dont les pieds ont été comprimés dès l'enfance, remarque M. Charles Lavollée, ont beaucoup de peine à marcher et sont obligées de s'appuyer sur le manche de leur Parasol, qui leur sert de canne. »
Le Parasol et l’Éventail, en Chine, jouent un rôle si considérable, qu'il faudrait faire sur
ces deux objets une monographie spéciale pour
bien envisager leur importance dans l’histoire de ce pays et dans les mœurs courantes. Dans une étude générale et sommaire comme celleci, ne faut-il pas faufiler plutôt que de coudre les documents réunis avec peine ou trouvés à portée et en laisser de côté les plus grosses liasses, sous peine de sombrer dans le format in-folio des lourds dictionnaires?
Partout nous voyons, dans les exquises compositions décoratives japonaises, un Parasol grand ou-
F. Ne ne de Pre cn a V LA ER Vert, au milieu des fleurs de pêcher ? ? N ==. 1" . , EL à = S VE + Dr délicates, des gracieuses envolées
d'oiseaux étranges, des feuillages dentelés et des ibis roses. Tantôt, sur les inimitables peintures des vases émaillés, l'Ombrelle japonaise abrite une fille de roi escortée de ses suivantes et qui se disposé chastement à entrer au bain; tantôt, sur quelque crépon, le Parasol cache à demi des femmes en promenade.
sur les bords de quelque grand lac bleu qui laisse rêveur. Tantôt, enfin, dans un fantastique croquis d'album où se lit comme une débauche d'imagination, on aperçoit quelque être humain singulièrement affolé, les cheveux au vent, l'œil hagard, qui De navigue au gré des flots tumultueux sur un Parasol renversé,
au manche duquel il se cram-
onne avec l’énergie du déses- © poir. Les planches du
Voyage de Ricord et sur-
tout les anciens albums