SECTION VI
, Causes de danger, particulières à la mastur- NEUE bation.
. L'on a vu plus haut que la masturbation était plus pernicieuse que les excés avec les femmes. Ceux qui font intervenir partout une providence particulière , établiront que la raison en est-une volonté spéciale: de Dieu, pour punir ce crime. Persuadé que les corps ont été astreints , dès leur création , à des lois qui en régissent nécessairement. tous les mouvements , et dont la Divinité ne change l'économie que dans un petit nombre de, cas réservés, je ne voudrais avoir recours aux causes miraculeuses, que quand on trouve une opposition évidente avec les causes physiques. Ge n'est point le cas ici: tout peut trés bien s'expliquer par les lois de la mécanique du corps , et par celles de son union avec l’âme. Cette habitude de res. courir aux causes surnaturelles a déjà été combattue par HippocrATE, qui, en parlant d'une malas. die que les Scythes attribuaient à une-punition: particulière de Dieu, fait cette belle réflexion :
| ^Y'ONANISME. ^ 5885 - « Il est vrai que cette maladie vient de Dieu , mais «elle en vient comme toutes les autres : elles n'en - « viennent pas plus les unes que les autres, parce " «que toutes sont une suite des lois de la nature, « qui régit tout. » 81204 | | & On peut remarquer ici que l'Onanisme a un danger particulier pour les enfants , avant lé temps “de la puberté : il n'est pas commun, heureusement, de trouver des monstres de l'un ou de l’autre sexe, qui en abusent avant cette époque (1); mais il ne l'est que trop, qu'ils abusent d'euxmêmes: un grand nombre de circonstances les - éloignent d'un commerce débauché ou le modèrent : une débauche solitaire ne trouve point d'ob- . stacle, et n'a point de bornes. | Une seconde cause, c'est l'empire que cette —mancuyre odieuse prend sur les sens, et qui est — bien peint dans l'Oxawia anglais. « Cette impu- « dicité , dit-il, n'a pas plutôt subjugué le cœur, «qu'elle poursuit le criminel partout ; elle s'en
« saisit, l'occupe en tout temps et en tout lieu:
(0) Le docteur Campe dit avoir vu un enfant de neuf ans qui
avait perdu la vue par suite de l'onanisme.
” «Sabatier, dit le docteur Rosier, que Petit surnomme le Nes-
> &or dela chirurgie frangaise,-et auquel il avait écrit pour le
prier de vouloir bien lui faire part des observations que sa lon-
ue carriére dans l'art de guérir lui avait fournies touchant les
4 Mastade: solitaires ; Sabatier, dis-je, repondit à Petit entre au-
tre chose: Ce que j'ai vu de plus terrible et le plus fréquemment
à la suite de ce vice, ce sont les nodosités de l'épine. Mon opinion
a toujours été regardée comme dénuée de fondement, attendu la
* grande jeunesse des malades ; mais j'étais mstruit par des aveux
^Hrécens que plusieurs s'étaient rendues coupabies avant leur
|. 'iaiéme année. Sabatier apprend à Petit qu'une jeune fille de.six - ans lui en avait fourni un exemple effrayant. »
m5 FLAGABRNES. 0 | «au milieu des occupations les plus sérieuses , « des actes de religion même, il est en proie aux « désirs et aux idées lascives qui ne l’abandonnent * « jamais, » Rien n'affaiblit autant que celle tension continuelle de l'esprit, toujours occupé du méme objet. Le masturbateur, uniquement livré à ses méditations ordurières, éprouve à cet égard les mêmes maux que l'homme de lettres qui fixe les. siennes sur une seule question : et 1l cst rare que cet excès ne nuise pas. Cette partie du cerveau qui se trouve alors en aclion, fait un effort qu'on. pourrait comparer à celui d'un muscle long-temps et fortement tendu : il en rés:]te , ou une telle mobilité, qu'on ne peut plus arréter le jeu de cette partie . ni far là méme détourner l'âme de celte 1dée ; c'est bien le cas des masturbateurs : ou une incapacité d'aciion. Epuisés enfin par une fatigue continuelle, ces malades tombent dans toutes les | maladies du cerveau , mélancolie, catalepsie , épilepsie , imbécillité , perte des sens, faiblesse du genre nerveux et une foule de maux semblables. Cette. cause fait un tort infini à plusieurs jeunes | gens; en ce que, lors méme que leurs facultés ne $ont pas encore éteinles , l' usage en est. perverti. Quelle que soit la vocation à laquelle ils se vouent, on ne réussit à rien sans un degré d' atiention , dont cette habitude peruicieuse les rend incapa- bles. Parmi ceux mêines qui ne se vouent à rien (cette classe n'est que trop nombreuse) , il en est. qui n y sont pas. propres, un air de distraction, d’embarras , d’étourdissement, n'en fait que des oisifs déplaisants. | Je pourrais en citer, que celle incapacité de se fixer, jouir à la diminution des a
A E L'ONANISMÉ. —- 5 facultés, a mis hors d'état-d'étre jamais rien dans la société. Triste état qui met l'homme au-dessous de la brute, et qui le rend à juste titre l'objet du mépris , el plus encore que de la pitié de ses semblables. ES s | - De ces deux premières causes, il en résulte nécessairement une troisième , c’est la fréquence méme des actes; l’âme et le corps concourent ,
dès qu'une fois l'habitude a pris un peu de force,
pour solliciter à ce crime. L’âme obsédée par les pensées immondes, excite les mouvements lascifs; — et si elle est distraite quelques moments par d’aures idées, les humeurs ácres qui irritent les:organes de la génération, la rappellent bientôt au -bourbier. Que ces vérités d'observation seraient propres à arrêler les jeunes gens; s'ils pouvaient prévoir qu'ici un premier faux pas en entraîne un autre; qu'ils sont presque -maítrisés par la tentalion:.qa'à mesure que les motifs de séduction augmentent, la raison, qui devrait les contenir, “s’affaiblira ,-et qu'enfin ils se trouveront en peu de temps plongés dans une mer de misère, sans avoir peut-être un bout de planche pour les aider à s'en tirer! Si quelquefois les infirmités commencantes leur donnent de forts avis, si le danger les effraie | pour quelques moments , la fureur les replonge. *... Cependant le danger est proche , et le temps op- -portun de l'amendement est court.
' Pendant que j'étudiais en philosophie à Genève, temps dont le souvenir me sera cher le reste de mes jours ;æn de mes condisciples était venu à cet “état horribfó qu'il n'était pas le maître de s'abs- “ienir de ces abomiuations, méme pendant le temps