SECTION V
Suite de la masturbation chez les femmes.
Les observations précédentes paraissent toutes, si l'on en excepte celle de SrrnELIN, regarder prin- -eipalement les homines : ce serait traiter incomplétement celle malière que dé ne pas avertir le sexe, qu'en courant la méme carrière de mauvaises œuvres, ils "expose aux mêmes dangers; que plus d'une fois il s'est attiré tous les maux que je viens de décrire, et que tous les jours les femmes livrées à cette luxure périssent misérablement ses victimes. L'OnanrA anglais est rempli. d'aveux qu'on ne lit point sans être saisi d'horreur el de compassion ; le mal paraît même avoir plus d’activité dans le sexe que chez les hommes. Outre tous les symptómes que j'ai déjà rapportés, les femmes sont plus particulièrement exposées à des accès d' hystérie ou
L'ONANISME, -. | 49 de vapeurs affreux; à des jaunisses incurables , à des crampes cruelles de l'estomac et du dos, à de . vives douleurs de nez, à des pertes blanches, dont l’âcreté est une source continuelle de douleurs les plus cuisantes; à des chutes , à des ulcérations de matrice , et à toutes les infirmités que ces deux maux -entraînent; à des prolongements et à des dartres du clitoris, à des fureurs utérines qui, leur enlevant à la fois la pudeur et la raison, les mettent au niveau des brutes les plus lascives, jusqu'à ce qu'une mort désespérée les arrache aux douleurs et à l'infamie.
Le visage, ce miroir fidéle de l'état de l'àme et du corps, est le premier à nous faire apercevoir des dérangements intérieurs. L'embonpoint et le coloris, dont la réunion forme cet air de jeunesse, qui seul peut tenir lieu de beauté, et sans lequel la beauié ne. produit plus d'autre impression que celle d'une admiration froide; l'embonpoint, disje. et le coloris disparaissent les premiers ; la maigreur, le plombé du teint, la rudesse de la peau . leur succédent immédiatement; les yeux perdent leur éclat, se ternissent et peignent, par leur langueur, celle de toute la machine ; les lévres perdent . leur vermillon, les dents leur blancheur, et enfin, il n'est pas rare que la figure reçoive un échec considérable par la déformation totale de la taille(1).
. (1) «Les symptômes les plus convaincants de l'existence de x l'onanisme , dit Zimmermann, sont la faiblesse de la vue.chez « de jeunes personnes qui l'avaient excellénte, surtout quand « cette faiblesse devient tout-à-coup si grande, qu'elles sont obli- « gées d'approcher les objets trés prés de leurs yeux pour pouvoir
Le Racnrris , ce qu'on appelle communément la nouure, n'est pas une maladie qui, comme l'a écrit le grand Bornnaavz, n'attaque jamais depuis l’âge de trois ans. L'on voit communément des jeunes gens de l'un et de l'autre sexe, mais surtout parmi les femmes , qui , après avoir été bien faits jusqu’à 8, 10, 12, 14, méme 16 ans, tombent peu à peu dans un dérangement de la taille par la courbure de l'épine, et le désordre devient quelquefois irés considérable. Ce n'est ,pas ici la place des détails de cette maladie , ni de l'énumération des causes qui la produisent.
Un symptôme commun aux deux sexes, et que je place dans cet article, parce qu il est plus fréquent chez les femmes, c "cst indifférence que cette infamie laisse pour les plaisirs légitimes de l'hymen, lors méme que les désirs et les forces ne sont pas étleinls : indifférence qui non-seulement fait bien des célibataires, mais qui souvent poursuit jusque dans le lit nuptial. Une femme avoue, dans la collection” du docteur Brxkrns, que celle manœuvre a pris tant d'empire sur ses sens, qu’elle déteste les moyens légitimes d'amortir l'aigoiHon de la chair. Je connais un homme qui, instruit de ces abominations par son précepteur, éprouva les mêmes dégoüts dans les commencements de son mariage; et l'angoisse de cette situation, jointe à l'épuisement dà à ses manceuvres, le jeta dans une'
« bes réconnaître , ou lire distinctement; quand ice mémoire , E vo idi heureuse, décline sensiblement, que leur attention iminue ou ne peut se soutenir aussi’ long-temps que^par le
«Pal »
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profonde mélancolie, qui céda cependant à l'usage
des remèdes nervins et fortifiants.
- Avant que d'aller plus loin, qu'on me permette d'inviter les pères et les mères à réfléchir sur l'oc« casion du malheur de ce dernier malade , et il en est plus d'un dans le méme cas. Si l'on peut être trompé à ce point dans le choix de ceux à qui l'on confie le choix important de former l'esprit et le cœur des jeunes gens, que ne doit-on pas craindre; et de ceux qui, n'étant destinés qu'à développer leurs talents corporels, sont examinés moins rigouréusement sur les mœurs, et des domestiques qu'on engage souvent, sans s'informer s'ils en ont ? Le jeune enfant dont j'ai parlé d’après Rasr, fut instruit au^mal, comme on l'a vu, par une servante : la collection anglaise est pleine d'exemples pareils, et je ne pourrais produire qu'un trop grand nombre de jeunes plantes perdues par le jardinier auquel on avait. confié le soin de leur tournure. Il est, dans cette espèce de culture, des jardiniers des deux sexes. Quels remèdes, me dira-t-on', à ces maux ? la réponse sort de ma sphère , je la ferai
«courte. Apporter la plus grande attention au choix d'un précepteur, et veiller sur lui et sur son élève
avec celte vigilance qui, dans un pére de famille attentif et éclairé, découvre ce qui se fait dans les endroits les plus obscurs de sa maison; de cette - Vigilance qui découvre le bois du cerf échappé à tous les autres yeux, et qui est toujours possible quand on veut fortement l'avoir.
Ne laisser jamais les jeunes gens seuls avec les
maîtres suspects, empêcher tout commerce avec
les domestiques. -
29 XT on L'ONANISXE. | n’y a pas long-temps qu'une fille âxée de dixhuit ans, qui avait joui d'une t:és bonne santé, tomba dans une faiblesse étonnante; ses forces di- .minuaient journellement ; elle était tout le jour accablée par l'assoupissement , et la nuit par l'insomnie ; elle n'avait plas d'appétit, ct une enflure œdémateuse s'était répandue par tout le corps. Elle consulta un habile chirurgien, qui, après s'é-ire assuré qu'il n'y avait point de dérangements dans les règles, soupconna la masturbation. L'effet que produisit sa première question, lui confirma la justesse de son soupçon, et l'aveu de la malade le.changea en certitude ; il lui fit sentir le danger de cette manœuvre, dont la cessation et quelques. remèdes ont arrêlé en très peu de jours les progrès du mal, et produit méme quelque amendement (1).
: (1) Voici un autre exemple repporté par le docteur Rosier :
« Mademoiselle..... âgée de quinze ans, était tombée insensiblement à la maison paternelle, dans une espèce d'idiotisme , sans que l’on eût jamais soupconné la cause de cet accident ; elle n'a- Vait ni le teint de son âge, ni la grâce de son sexe; on la place
ans une pension , dans l'espoir que ses facultés intellectuelles se développeront au milieu de beaucoup d'autres compagnes d'un esprit plus heureux que le sien, bien plus que dans l'intention d'en faire une perscnne instruite , ayant un maintien agréable, un peu de vivacité, en un mot , une femme que l'on pût au moins présenter dans le monde; telles sont les scules choses que l'on demande. » ,
« Les désirs si modérés des parents, l'espoir concu et donné par la maîtresse de la pension ne se réalisent point, le moral de la jeune personne s'affaiblissait et s'obscurcissait de plus en plus, orsque la supérieure de la méme pension s'apercoit que son élève se livre à l'habitude secréte, ce dont elle frémit d'autant plus qu'elle paraissait trop bien contractée, pour n'avoir pas à appréhender qu’elle ne l'inocu'át à ses autres disciples. Dès cet instant, cette femme respectable partage la nuit sa couche avec la jeune malade ; le jour elle ne lui permet point de se dérober un seul
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Il est temps de finir de si tristes détails ; je me lasse de peindre les turpitudes et les misères de l'humanité. Je n'accumulerai pas ici un plus grand nombre de faits: ceux qui me restent trouveront naturellement leur place ailleurs, et je passe à l'examen des causes; après cette observation générale, c'est que les jeunes gens nés avec une constitution faible, ont, à parité de crimes , bien plus de maux à redouter que ceux nés vigoureux. Aucun n'évite le chátiment; tous ne l'éprouvent pas également sévére. Ceux surtout qui ont à craindre l'hérédité de quelques maladies paternelles ou maternelles, qui sont menacés de la goutte , d calcul, de l'étisie, des écrouelles, qui ont eu quelques atteintes de toux, d’asthme, de crachements de sang, de migraines, d'épilepsie , qui ont du penchant à cette espéce de nouure dont j'ai parlé plus haut : tous ces infortunés, dis-je, doivent être intimement persuadés que chaque acte de ces débauches porte une forte atteinte à leur constitution , hâte à coup sûr l'apparition des maux qu'ils craignent, en rendra les accès infiniment plus fácheux, et les jettera à la fleur de leur áge dans toutes les infirmités de la vieil-
o lesse la plus languissante. ju
moment à ses regards , elle lui défend amicalement , mais sérieusement , de se livrer à son penchant ; la sollicitude de cette dame généreuse n'est pas trompée ; quelques mois se sont à peine écou- . lés depuis ces constantes précautions, que les parents n'ont plus à offrir à la société une jeune personne ordinaire, mais bien une femme remplie d'esprit, de raison et de santé, en un mot, une femme trés aimable. » |